La Cour céleste. La commémoration collective des saints au Moyen Âge et à l’époque moderne, Turnhout, Brepols, 2015

La cour céleste

de Olivier Marin et Cécile Vincent-Cassy (eds.)

Avec la collaboration de Murielle Gaude-Ferragu, Marie-José Michel et Andreas Sohn

En régime chrétien, le culte des saints ne met pas à l’honneur des personnages solitaires. Une même église, une même confrérie, un même autel sont d’ordinaire dédiés à plusieurs patrons; sur un même retable se pressent volontiers des cohortes de saints; en maintes circonstances, la liturgie aime égrener, par exemple dans le Canon de la messe ou sous la forme familière des litanies, les différents chœurs des élus.

Partant du constat que l’hagiographie n’est pas seulement vouée à l’exaltation du singulier ou de l’exceptionnel, le colloque s’est intéressé aux logiques qui ont présidé à la formation de ces associations plus ou moins larges de saints : est-ce purement et simplement addition d’intercesseurs augmentant leur efficacité par accumulation ? Comment se concilient les impératifs antithétiques d’exhaustivité et d’exemplarité ? De quelle ecclésiologie, faite de solidarité mais traversée aussi de conflits sous-jacents, ces dévotions collectives sont-elles porteuses?

Telles sont les questions auxquelles tentent de répondre une vingtaine d’historiens de l’art, liturgistes, littéraires, historiens, théologiens, anthropologues spécialistes du Moyen Âge et de l’époque moderne. En confrontant les études de cas sur une très longue durée et à l’échelle de tout le continent européen, ils posent les premiers jalons d’une histoire de la communion des saints, un objet hybride qui noue la dogmatique chrétienne, la pastorale déployée sur le terrain et les pratiques symboliques par lesquelles les fidèles l’ont diversement reçue.