Transmedial Reception of Classical Drama
Transmedial Reception of Classical Drama
du jeudi 26 au vendredi 27 mars
Amphithéâtre
MaCi Université Grenoble Alpes
Le colloque CHORUS, événement annuel, est co-organisé cette année à l’Université Grenoble Alpes par Malika Bastin et Cécile Dudouyt, et aura pour thème la transmédialité des réceptions du théâtre antique à travers les arts et les médias.
« CHORUS 2026 – Transmedial Reception : Ancient Drama Across Arts and Media » ouvre un nouveau cycle sur la matérialité de la réception du théâtre antique. Cette dernière est en effet multimodale et plurimédiale par définition, engageant des modalités d’interaction multiples avec les sources antiques – visuelles, auditives, cinétiques et autres – dans une variété de formes artistiques et de médias. Cette multimodalité ne se résume pas à la dimension multi-sensorielle du spectacle théâtral, puisqu’une mise en scène ne s’inscrit pas seulement dans une tradition théâtrale, mais aussi dans un réseau de réceptions non théâtrales passant par d’autres genres, d’autres arts, voire d’autres relais non artistiques, universitaires, politiques, marketing ou autres.
Ce colloque de deux jours rassemble ainsi des interventions abordant la postérité du théâtre antique à la lumière de concepts développés par les études médiatiques (Media Studies). Les notions d’intermédialité et de transmédialité permettent d’éclairer à la fois le processus de réception théâtrale et ses productions, dans leurs différentes dimensions. La notion d’intermédialité synthétique (Schröter 2011) s’applique particulièrement à la multiplicité des médias qu’il est possible de mobiliser sur scène. Ce concept vient prolonger la conception wagnérienne du théâtre comme Gesamtkunstwerk en la reformulant en termes technologiques. Celle de transposition médiale (Rajewsky 2005) renvoie à la représentation d’un média dans un autre, soulignant ainsi qu’il n’y a pas là simple juxtaposition médiatique, mais jeu d’interactions créatrices et critiques). Par ailleurs, la réception du théâtre antique se fait au travers d’adaptations (ou traductions intersémiotiques) qu’il est intéressant d’interroger sous l’angle de la transmédiation. La transmédiation sensorielle et sémiotique (Peña et Kedrick 2024) permet de désigner la transposition concomitante d’un sens à un autre et d’un système de signes à un autre sans instaurer de relation linéaire entre une source et une cible et surtout sans qualifier implicitement le type de relation entre les deux (ce qu’il est difficile d’éviter avec les termes « traduction » et « adaptation »). Les pièces antiques étant elles-mêmes des transmédiations de mythes pour lesquels il n’existe pas à proprement parler de source, le concept de transmédialité (Jenkins 2003), comme processus de co-création d’entités fictionnelles en mutation, passant librement d’un support à un autre, est particulièrement opératoire. En retour, l’adoption de cette notion au sein des études de réception de l’antiquité replace l’étude de la transmédialité des franchises contemporaines dans une histoire plus longue. Le concept permet en outre de suivre la réception de l’antiquité hors des champs artistiques et culturels, dans les représentations sociales, politiques et idéologiques.
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