Axes de recherche

Axe 1
Axe 2
Axe 3
Axe 4
Axe 5
Axe 6
Axe 7

Penser les pluridisciplinarités. Épistémologies et pratiques

Responsables : Marie-Anne Paveau et Anne Paupe

L’axe 1 de l’équipe PLÉIADE est défini comme la chambre d’échos des questionnements des autres axes. Il s’agit en effet d’y penser les pluridisciplinarités sur lesquelles se constitue l’équipe. Le pluriel signifie ici que les pratiques pluridisciplinaires ne sont pas fixées ni normées, mais toujours spécifiques aux questions traitées par les chercheuses et chercheurs.

L’approche épistémologique est fondatrice : elle permet de fournir des descriptions du fonctionnement des disciplines et de leurs relations, d’explorer, sous un angle historique, le temps long de leur constitution et de leurs évolutions, mais aussi de mettre en discussion leurs théories, pratiques et méthodologies.

Les objectifs privilégiés sont l’apport de connaissances sur les disciplines, les pluridisciplinarités, voire les inter-disciplines, la description et la diffusion des programmes épistémiques des disciplines représentées dans l’équipe et l’interrogation sur le périmètre des domaines dits SHS en France, par rapport à d’autres découpages à l’étranger.

Le dispositif adopté articule trois ateliers de réflexion autour de ces objectifs forts, thématique, méthodologique et épistémologique. L’organisation de l’axe est collégiale : outre un binôme responsable de l’axe et des membres rattachés, un réseau de correspondants (es) dans chacun des six autres axes permet la transmission des questionnements épistémologiques en vigueur au sein des différents programmes de recherche engagés.

Traverses : intersémioticité, hybridations, radicalités

Responsables : Magali Nachtergael et Frédéric Sylvanise

Aujourd’hui, fluidifiée par le numérique qui tend à gommer les frontières entre les arts, la transposition artistique se trouve investie de nouveaux enjeux idéologiques, parmi lesquels le désir de résistance forme une motivation puissante.

L’histoire des transpositions esthétiques s’inscrit dans un temps long et mouvementé. Bien connue depuis la Renaissance et son précepte d’ut pictura poesis tiré de la lecture d’Horace, la transposition artistique avait donné lieu à deux siècles de « poétique » suivis de l’avènement de l’esthétique idéaliste allemande, à l’horizon du Romantisme. Cette histoire pleine de remous se poursuit au XIXe siècle, dessinant des rapports de force et d’influence entre les arts et les disciplines, provoquant des phénomènes de rupture ou d’hybridation entre les genres.

Dans le paysage actuel, on aurait tendance à n’avoir en vue que le mainstream et les industries culturelles, réputées véhiculer une vulgate mondialisée. Ce serait oublier combien, selon le mot de Deleuze, les minorités remontent toujours le courant des majorités les plus arrogantes. Au-delà du mainstream, en écho avec la culture légitime comme avec la culture mondialisée, l’espace qui nous intéresse est traversé par de nouvelles intensités. C’est à elles que nous nous attachons.

Notre travail comporte trois volets interdépendants. Un volet théorique, « Poétiques numériques », s’intéresse aux nouveaux rapports qu’entretiennent l’écriture et le texte après l’irruption du numérique. On s’interrogera notamment sur l’irruption de cadres de visibilité inédits induisant la transformation des objets ainsi saisis. Le second volet, « Radicalités et subversion », concerne tout ce qui est à rebours de la culture mainstream : subculture, contreculture, underground, en étudiant particulièrement le jeu des détournements et des réappropriations dans un espace mental encore structuré, quoique de façon spectrale, par l’opposition résiduelle entre culture bourgeoise et culture populaire. Le troisième volet s’attache à la confrontation des arts entre eux, au passage d’un art à un autre, mais aussi aux rapports qu’entretiennent les arts avec les autres domaines du savoir et de la communication. Il étudie les effets qui en résultent et le type de culture que ces articulations mettent en jeu et s’intéresse aux nouveaux espaces « inventés » (c’est-à-dire à la fois découverts et mis en représentation) par les arts, et à leur cristallisation formelle, permettant d’articuler évolution des poétiques et des mentalités.

Territoires, limites, marges

Responsables : Marc Kober et Marie Redon

Cet axe de recherches s’inscrit dans l’axe Espace et environnement du Campus Condorcet. Il s’interroge sur les configurations de l’espace géographique et sur les processus de différenciation spatiale qu’ils soient liés à l’environnement bio-physique ou aux sociétés. Cette interrogation place au centre la notion de territoire, et la façon dont les sociétés découpent l’espace géographique, ce qui renvoie aux notions combinées de limites et de frontières, la façon dont elle l’organise en lieux centraux, périphériques ou marginaux, et le façonne en paysages ruraux, urbains, reconnaissant à certains la qualité de paysages naturels. Tels que définis ci-dessus, l’espace et le territoire se prêtent bien à une réflexion pluridisciplinaire qui agrègera autour de l’axe des chercheurs de toutes les disciplines présentes dans le nouveau centre : géographes, bien sûr, pour qui ces notions sont centrales, historiens et civilisationnistes avec lesquels les géographes ont déjà noué des liens au sein du CRESC, mais aussi membres des deux autres centres.

L’axe s’appuie d’abord sur l’existant

  • L’ancien axe La ville et ses marges du CRESC réunissant géographes et quelques historiens autour de recherches sur les territoires urbains et périurbains (au premier chef, le complexe territoire de l’agglomération parisienne). Appuyée sur une spécialité de master et sur un séminaire au sein de la MSH Paris-Nord, la réflexion a plus particulièrement porté sur l’articulation entre la ville et le développement durable. Dans le prolongement de ce séminaire, il est proposé d’organiser des ateliers autour de territoires donnés, permettant une fructueuse confrontation entre disciplines pour penser l’espace, et notamment, la ville, et sa durabilité. Les liens entre littérature et études urbaines sont patents. L’écriture peut ainsi apparaitre comme une forme d’appropriation de l’espace et donc une mise en territoires par les mots ou l’image (cinéma et littérature américains – CRIDAF).
  • L’ancien axe Territoires, Textes et Langues du CENEL : avec un parti pris pluridisciplinaire, la dimension spatiale de la littérature est prise en compte à travers les processus d’émergence, de développement et de représentation des langues et des textes. S’est ainsi esquissée une Géocritique du continent africain (séminaire au musée du quai Branly sur les « pratiques et poétiques de l’espace urbain en contextes postcoloniaux »). Autre piste explorée par le CENEL, l’espace de la francophonie : l’inscription spatiale des textes littéraires y est examinée à travers des études de cas, combinant les dynamiques socioculturelles et les normes linguistiques.
  • La spécificité pluridisciplinaire de Pléiade devrait permettre d’aborder la question sous un angle géohistorique à travers l’émergence des catégories et des formes spatiales, l’histoire du découpage du monde, etc. Des projets nouveaux pour faire vivre cette pluridisciplinarité ont été lancés par l’axe 3 : ainsi autour de la question des jardins, de celle des paysages méditerranéens, de l’histoire de l’histoire de l’environnement, de la géographie du pouvoir (collaboration engagée avec la Penn State University). L’usage métaphorique que l’on fait des différents termes pourrait aussi faire l’objet d’une réflexion pluridisciplinaire dans le cadre du séminaire de l’équipe Pléiade.

Circulations, transferts, adaptations

Responsables : Mathilde Lévêque et Claire Parfait

L’axe 4 a pour objectif d’utiliser les notions de circulations, de transferts et d’adaptations pour examiner les questions de formation des identités et de construction de l’altérité. Cette approche interculturelle et comparative se décline en quatre grands thèmes dans les pôles suivants :

  1. Circulation des personnes, des biens culturels, des textes, des idées (ou absence de circulation) ;
  2. Construction des images de l’autre (de l’ailleurs et du passé) ;
  3. Écriture de l’histoire et transmission du passé ;
  4. Courants linguistiques, discours et langues: constructions et ajustements.
  • Dans le domaine de la culture, en particulier de l’imprimé, on s’intéressera à la circulation des textes en révisant la notion de “communautés imaginées” proposée par Benedict Anderson dans les années 1980 et qu’Anderson définissait à l’échelle de la nation. Les historiens du livre ont depuis rappelé que les livres ont toujours voyagé, et que les histoires nationales du livre et de la littérature ne sont que l’avatar le plus récent du nationalisme, né du désir des nations de s’attribuer des auteurs, des titres, désir affiché dans les titres de collections, d’anthologies et autres ouvrages de référence. L’un des projets de l’axe 4 sera par conséquent de suivre le cheminement de textes et de pratiques dans d’autres lieux, d’autres aires linguistiques, géographiques et cultuelles, de poser la question des réseaux, formels et informels, qui permettaient ces circulations, et d’examiner la construction des littératures dites nationales. Qu’il s’agisse d’intraduction ou d’extraduction, l’accès au livre étranger dessine une certaine image de la culture de départ / d’arrivée. Il importe donc également d’analyser ce qui est exclus de la circulation, notion encore peu explorée.
  • La construction de l’image de l’Autre, et donc de soi, est au coeur de la démarche de l’axe 4. Dire “soi” n’est pas dire “je”, selon la problématique étudiée par Paul Ricoeur dans Soi-même comme un autre. Cette construction sera analysée sous divers angles qui reflètent les domaines d’expertise des membres de l’axe: représentation de l’Autre en littérature, récit de voyage, littérature jeunesse, peinture, cinéma et arts du spectacle, mais également en politique, puisque les phénomènes d’inclusion et d’exclusion reflètent tout en la modelant une certaine image de l’Autre.
  • La représentation du passé et les modalités de transmission de la mémoire sont des enjeux politiques et identitaires de première importance, qui ont évolué au cours du temps. L’un des thèmes de travail de l’axe 4 portera sur les écritures et réécritures de l’histoire, sur la construction de la mémoire dans plusieurs aires culturelles, mais également dans une perspective diachronique. La présence dans l’axe 4 de spécialistes de l’historiographie de périodes et de lieux très divers (dont l’Empire romain, le Moyen Age, les Etats-Unis) permettra une confrontation riche de points de vue et d’approches. La littérature et les arts, autres lieux majeurs de mise en récit de l’histoire, offriront une perspective sémiotique sur la construction des identités et d’altérité.
  • La linguistique est le quatrième grand thème de l’axe et complète la réflexion tournant autour des notions de circulations et adaptations dans une perspective comparatiste. La recherche se déploie en gros sur trois grands volets. Tout d’abord, l’examen critique de différents courants théoriques conduit à analyser l’adéquation des constructions théoriques aux données empiriques et les éventuelles transformations de concepts ou méthodes empruntés à d’autres cadres théoriques. Ensuite, l’analyse des langues prolonge le biais comparatiste par la dimension de linguistique contrastive. Enfin, l’analyse linguistique elle-même s’attache à décrire les formes des langues et, le cas échéant, le soubassement de leurs constructions par un locuteur-énonciateur porteur de sa propre représentation et de celle de son co-locuteur. La dimension interculturelle se retrouve dans l’étude des variétés de langues et des sociolectes de différents groupes à l’intérieur d’un même espace linguistique.

Le travail en commun autour de ces thèmes par des spécialistes venus de disciplines différentes et étudiant des aires géographiques et des périodes historiques très diverses permettra d’enrichir la réflexion épistémologique de chacun. Il s’agira à la fois d’alimenter la réflexion théorique sur la pluridisciplinarité qui sous-tend la création de Pléiade et de pratiquer cette pluridisciplinarité.

Individu, corps, santé, société

Responsables : Elisabeth Belmas et Juliette Vion-Dury

L’axe 5 du laboratoire Pléiade réunit des littéraires, des civilisationnistes et des historiens qui travaillent sur l’individu et son écriture, l’histoire du corps, de la santé et des maladies. Ils œuvrent en longue durée, de l’Antiquité à l’époque contemporaine, et couvrent les aires géographiques, linguistiques et culturelles européennes, américaines et africaines.

L’axe s’articule autour de trois thèmes principaux :

  • L’individu abordé en particulier sous l’angle des écritures autobiographiques dont Paris 13 a été l’un des foyers historiques en France, à la suite du littéraire Philippe Lejeune.
  • L’histoire du corps, de la santé et des maladies, envisagée dans une perspective pluridisciplinaire qui rapproche histoire des représentations, histoire des sciences et histoire de la médecine.
  • L’histoire du jeu et des jeux, qui prolonge les travaux fondateurs du philosophe Jacques Henriot, créateur à Paris 13 d’un département de « sciences du jeu ».

Politique, organisation, conflit

Responsables : Quentin Deluermoz et Fabrice Mourlon

Cet axe traite d’un vaste domaine, puisqu’il s’agit de considérer des questions politiques et sociales, de l’Antiquité à nos jours, sur une surface géographique très vaste. Afin de préciser l’angle d’approche, il a été proposé de définir un espace de problématique commun : « crise, régulation, émotion ».

Celui-ci s’inscrit dans deux champs d’application, qui permettent de bien identifier les pôles de recherche des différents membres de l’axe. Bien entendu, ils ne peuvent être pleinement distincts :

  1. La Cité : soit le rapport au politique au sens large de l’antiquité à nos jours.
    Thèmes de recherche évoqués : émotion et politique ; sacré et politique ; révolution, guerre civile, cycle de vengeance et reconstruction ; constructions des identités et de l’altérité ; administration ordinaire du territoire.
  2. Le Travail (dans le cadre d’une histoire sociale renouvelée des groupes, organisations et conflits) : histoire moderne et approches du contemporain.
    Thèmes de recherche évoqués : élites, réseaux, syndicats, trajectoires sociales, conflits de travail et redéfinitions juridiques.

Trois objets ont été retenus :

  • Sociabilité et réseaux : ce thème permet d’intégrer le champ des élites, mais aussi des autres groupes sociaux, de croiser sociabilités professionnelles et politique, c’est-à-dire de rester sensible à la diversité des jonctions et des disjonctions dans le cadre d’analyses économiques, organisationnelles ou politiques.
  • Les usages sociaux du droit : il s’agit de s’intéresser à une question essentielle, entre les efficacités propres du droit et la manière dont les usages le mobilisent ou lui donnent sens, pour laquelle historiens, géographes, civilisationnistes sont en général mal armés. L’atelier pourrait être l’occasion de voir comment ces questions sont abordées en fonction des terrains (Antiquité, XVIIIe siècle, XXe siècle, Grèce, France, Royaume-Uni, Etats-Unis, etc.) et de se mettre en contact avec d’autres approches à ce sujet (anthropologie juridique, droit et histoire du droit, sociologie etc.)
  • Faire et défaire les liens du politique : cette thématique a le mérite de pouvoir couvrir un large spectre spatio-temporel, et de considérer la question du politique dans sa dynamique, en période de paix, de crise, ou de sortie de crise. Elle permet ce faisant de questionner les relations de pouvoir et la façon dont elles sont comprises et prennent place dans une société. Pourront ainsi être mises en discussion ici les questions de l’anthropologie des émotions (antiquité), de la mise en scène du pouvoir, d’une approche politique renouvelée des moments révolutionnaires, d’une histoire connectée et de longue durée de la Res publica, des rapports sociaux de sexe etc.

Sacré, création, origines

Responsable : Anne Longuet-Marx

Les chercheurs réunis dans l’axe 7 sont non seulement des spécialistes de l’étude du religieux, mais aussi des chercheurs en littérature qui s’interrogent sur la question de la création et la notion de sujet. Ensemble, ils examinent les événements historiques et formels qui créent une nouvelle culture en délimitant des sphères de sacralité différenciées. Le concept de “sacré” recouvre donc le domaine du religieux (du latin religio, ce qui fait le lien entre les hommes pour traiter avec le monde divin). Plus généralement, il désigne tous les actes de création, textuelle, artistique, sociale, politique, institutionnelle, par lesquels les cultures se construisent, entrent en crise, voire en décadence, et se reconstruisent en dessinant de nouvelles limites (l’étymologie du mot sacré est sacer, ce qui sépare). La sacralité résulte d’un processus de création qui trouve, fonde, définit ses origines. Elle s’accompagne de légendes, de mythologies, de cosmogonies, de récits de fondation de formes, de genres, d’institutions, de corps sociaux. L’idée de fondation, centrale dans la définition du sacré tant d’un point de vue historique que d’un point de vue formel, sera le premier objet de recherches. En choisissant cette question, les chercheurs de l’axe 7 s’interrogeront sur les mécanismes de sacralisation des sociétés dans l’histoire et, en regard, sur les processus de désacralisation à l’œuvre aujourd’hui dans les productions littéraires et artistiques.

Événements à venir

novembre 2017

1sep - 10janToute la journéeAppel à communication : Colloque international "Corps masculins: représentations littéraires et iconographiques de la nation"19 et 20 avril 2018Université de NantesType d'évenement:Appels

11oct - 11janToute la journéeAppel à communications : Colloque international "Crossing Borders : Présences et circulations du théâtre contemporain de langue anglaise en Europe"Colloque des 11 et 12 octobre 2018Type d'évenement:Appels

23oct - 24janToute la journéeAppel à contribution "Vicente Blasco Ibáñez y el cine: un escritor de cara al mundo"Revista "Archivos de la Filmoteca"Type d'évenement:Appels

décembre 2017

1sep - 10janToute la journéeAppel à communication : Colloque international "Corps masculins: représentations littéraires et iconographiques de la nation"19 et 20 avril 2018Université de NantesType d'évenement:Appels

11oct - 11janToute la journéeAppel à communications : Colloque international "Crossing Borders : Présences et circulations du théâtre contemporain de langue anglaise en Europe"Colloque des 11 et 12 octobre 2018Type d'évenement:Appels

23oct - 24janToute la journéeAppel à contribution "Vicente Blasco Ibáñez y el cine: un escritor de cara al mundo"Revista "Archivos de la Filmoteca"Type d'évenement:Appels

janvier 2018

1sep - 10janToute la journéeAppel à communication : Colloque international "Corps masculins: représentations littéraires et iconographiques de la nation"19 et 20 avril 2018Université de NantesType d'évenement:Appels

11oct - 11janToute la journéeAppel à communications : Colloque international "Crossing Borders : Présences et circulations du théâtre contemporain de langue anglaise en Europe"Colloque des 11 et 12 octobre 2018Type d'évenement:Appels

23oct - 24janToute la journéeAppel à contribution "Vicente Blasco Ibáñez y el cine: un escritor de cara al mundo"Revista "Archivos de la Filmoteca"Type d'évenement:Appels

Pleiade