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Journées d’étude HispanismeS : de la marge au croisement des disciplines ?

HispanismeS : de la marge au croisement des disciplines ?

Journées d’étude “HispanismeS : de la marge au croisement des disciplines ?”

Appel à communications

© Image : Graciela Hasper, Sin título, 1996, acrílico sobre tela, 120 x 181 cm.
Tous nos remerciements à l’artiste pour son aimable autorisation.

Date limite de dépôt : 15 janvier 2021

Appel à communication en français, espagnol, portugais et catalan

Journées d’étude Université Sorbonne Paris NordSociété des Hispanistes Français

Jeudi 3 et vendredi 4 juin 2021Campus de Villetaneuse et Campus Condorcet (Aubervilliers)

Télécharger l’appel en pdf ici.

Lors de ces journées d’étude, qui incluront une réunion du bureau et du comité de la Société des Hispanistes Français ainsi qu’une Assemblée générale, il s’agira de questionner le paradigme des « disciplines » et des échanges ou croisements entre elles. En effet, les hispanistes, avec les lusistes et les catalanistes, ne se définissent pas comme des spécialistes de telle ou telle discipline, mais comme des spécialistes de domaines étrangers. Ainsi, nous postulons que nous sommes aux marges des disciplines, placés dans une sorte de marginalité. Mais celle-ci serait-elle seulement synonyme de marginalisation ? N’impliquerait-elle pas plutôt de nous placer, avec les autres enseignants-chercheurs des domaines étrangers, dans une position de médiation entre les disciplines, au sein même de nos formations et de nos recherches, et entre les collègues d’autres départements et laboratoires, identifiés pour leur part par une seule discipline (si tant est que cela soit possible dans les faits) : historiens, spécialistes de littérature, linguistes, géographes, sociologues, anthropologues, historiens de l’art, etc. ?

Aujourd’hui nous faisons le constat que la recherche, de façon générale, est dans une dynamique de globalisation. Par ailleurs, les chercheurs en « humanités » sont invités à mettre en œuvre un dialogue non seulement interne, entre les disciplines qui les constituent, mais aussi externe, avec les disciplines de sciences dures, les médecins, les économistes, les juristes, etc., ainsi qu’à « passer à l’ère du numérique ». Quel rôle y jouent les spécialistes de domaines étrangers ? Quel rôle doivent/peuvent-ils y jouer ?

Les hispanistes, travaillant main dans la main avec les lusistes et les catalanistes dans les universités françaises, ont-ils une identité propre au sein des spécialistes de domaines étrangers ? L’hispanisme, ou plutôt les hispanismes, sont à un tournant, dans un moment de redéfinition. Ils s’écartent de l’hispanisme porté en héritage depuis le début du XXe siècle en France. Dans celui-ci le Moyen Âge et le Siècle d’Or avaient la part belle parce qu’ils étaient un prolongement des études classiques. Désormais, comme dans tous autres domaines étrangers, les thèses de doctorat portent en grande majorité sur la période contemporaine. Mais dans les hispanismes celles-ci portent en outre pour plus de la moitié sur les pays de l’Amérique ibérique, avec une présence notable et croissante des études filmiques, et plus généralement des arts visuels, ce que l’on ne peut constater dans aucun autre domaine étranger en France.

Nous proposons dans ce cadre de mettre en œuvre et en débat la question du passage de la marge au croisement des disciplines dans les différents domaines de formation et de recherche des lettres et sciences humaines et sociales : où et comment passer de la pluri- à la transdisciplinarité ?

Les termes de ce qui définit les différents domaines de formation et de recherche sont eux-mêmes discutés, en particulier le terme de « civilisation ». L’on constate également l’usage croissant du paradigme des « Studies », des « Cultural Studies », des « Visual Studies », « Gender Studies », etc. Quelle place dans ce cadre pouvons-nous accorder dans l’hispanisme européen à l’expression de « Spanish Studies » ou de « Iberian Studies » forgée par le monde anglo-saxon ?

Afin de ne pas apporter de réponse toute faite à ces questions, les journées d’étude de Paris 13 donneront la parole à des chercheurs de « disciplines » différentes. Nous organiserons des ateliers parallèles, avec interventions (en français, espagnol, portugais ou catalan) de 20 minutes sélectionnées par le comité d’organisation.

Vous pouvez envoyer vos propositions de communication à hispanistesparis13@gmail.com avant le 15 janvier 2021. En plus d’indiquer le titre, ces propositions devront inclure un résumé et 5 mots-clés et un bref CV de l’auteur de la proposition.

Hispanismos: ¿del margen al cruce de disciplinas?

Jornadas de estudio Universidad de París 13

Sociedad de Hispanistas Franceses

Jueves 3 y viernes 4 de junio de 2021

Campus de Villetaneuse y Campus Condorcet (Aubervilliers)

En el marco de estas jornadas, que incluirán una reunión de la dirección y otra del comité de la Sociedad de Hispanistas Franceses, así como una asamblea general, se tratará de cuestionar el paradigma de las “disciplinas” y de los intercambios o cruces entre ellas. De hecho, los hispanistas, con los lusistas y los catalanistas, no se definen como especialistas de una u otra disciplina, sino de unas “áreas” extranjeras. De este modo, postulamos que estamos al margen de las disciplinas, que nos encontramos en una suerte de marginalidad. Pero, ¿será esta solamente sinónimo de marginalización? O, más bien, ¿no implicará situarnos, con los otros investigadores sobre áreas extranjeras, en una posición de mediación entre las distintas disciplinas, dentro de nuestras propias estructuras de docencia e investigación, pero también entre los colegas de otros departamentos y grupos de investigación, identificados por su parte con una única disciplina (suponiendo que esto sea posible): historiadores, especialistas de literatura, lingüistas, geógrafos, sociólogos, antropólogos, historiadores del arte, etc.?

Hoy constatamos que la investigación, de modo general, está en una dinámica de globalización. Por lo demás, se incita a los investigadores del ámbito de “humanidades” a un diálogo no solo interno, entre las disciplinas que las constituyen, sino también externo, con las ciencias duras, con los médicos, los economistas, los juristas, etc., así como a “pasar a la era digital”. ¿Qué papel tienen los especialistas de áreas extranjeras en este contexto? ¿Qué papel deben/pueden tener?

Los hispanistas, que trabajan estrechamente con los lusistas y los catalanistas en las universidades francesas, ¿tienen una identidad propia entre los especialistas de áreas extranjeras? El hispanismo, o más bien los hispanismos, se encuentran en un momento crucial, de redefinición. Se apartan del hispanismo heredado desde principios del siglo XX en Francia. En este hispanismo, la Edad Media y el Siglo de Oro ocupaban un lugar preponderante, porque constituían una prolongación de las humanidades clásicas. Hoy en día, como en las demás áreas extranjeras, las tesis doctorales versan en su gran mayoría sobre el periodo contemporáneo. Y además, más de la mitad de ellas versan sobre países latinoamericanos, con una presencia notable y creciente de estudios fílmicos, y más en general de estudios sobre las artes visuales, lo que no se puede constatar en ninguna otra área extranjera estudiada en Francia.

En este contexto, proponemos debatir la cuestión del paso desde el margen al cruce de disciplinas, en los distintos ámbitos de formación e investigación en letras y ciencias humanas y sociales: ¿dónde y cómo pasar de la pluri- a la transdisciplinariedad?

Son objeto de discusión los propios términos que delimitan los distintos ámbitos de formación e investigación, en particular el término “civilización”. Se constata igualmente un uso creciente del paradigma de los “Studies”, de los “Cultural Studies”, “Visual Studies”, “Gender Studies”, etc. En este marco, ¿qué lugar podemos reservar, en el hispanismo europeo, a las nociones de “Spanish Studies” o “Iberian Studies” forjadas por el mundo anglosajón?

Para no aportar a estas cuestiones una respuesta preestablecida, las jornadas de estudio de la Universidad de París 13 darán la palabra a investigadores de “disciplinas” diferentes. Organizaremos talleres paralelos, con intervenciones (en español, portugués, catalán o francés) de 20 minutos seleccionadas por el comité de organización.

Las propuestas de comunicación pueden mandarse a hispanistesparis13@gmail.com antes del 15 de enero de 2021. Además de indicar del título, deberán incluir un resumen de 10 líneas y 5 palabras clave y una breve presentación del autor de la propuesta.

HispanismoS: da margem ao cruzamento de disciplinas?

Jornada de estudos – Universidade Paris 13

Sociedade dos Hispanistas da França

Quinta-feira 3 e Sexta-feira 4 de junho de 2021

Campus de Villetaneuse e Campus Condorcet (Aubervilliers)

Na ocasião dessa jornada de estudos, que inclui uma reunião do comitê da Sociedade de Hispanistas da França bem como uma Assembleia Geral, busca-se questionar o paradigma das « disciplinas » e das trocas ou cruzamentos entre elas. Com efeito, os hispanistas, junto com os lusistas ou catalanistas, não se definem propriamente como especialistas de uma ou outra disciplina, mas como especialistas de domínios estrangeiros. Assim, postulamos que estamos às margens das disciplinas, situados numa forma de marginalidade. Mas será que se trata somente de uma forma de marginalização? Ou não seria mais pertinente pensar que estamos, juntamente com outros professores-pesquisadores de áreas estrangeiras, numa posição de mediação entre as disciplinas, no âmbito mesmo das nossas formações e das nossas pesquisas, e entre os colegas de outros departamentos e laboratórios, que são identificados a uma única disciplina (se é que, de fato, isso seja possível): historiadores, especialistas de literatura, linguistas, geógrafos, sociólogos, antropólogos, historiadores da arte, etc.?

Na atualidade, constatamos que a pesquisa, de maneira geral, encontra-se numa dinâmica de globalização. Além disso, os pesquisadores em « humanidades » são convidados a colocar em prática um diálogo não somente interno, entre as disciplinas sociais e humanas, mas também externo, com as disciplinas das ciências tidas como « duras », com profissionais das áreas de saúde, economistas, juristas, etc, além da imposição das necessidades próprias da « era digital ». Qual papel exercem os especialistas dos domínios estrangeiros? Qual papel devem/podem desempenhar?

Será que os hispanistas, trabalhando associados aos lusistas e catalanistas nas universidades francesas, possuem uma identidade própria no meio dos especialistas de domínios estrangeiros? O hispanismo, ou mais particularmente oS hispanismoS, encontra-se num momento de guinada, de redefinição, tendendo a distanciar-se de um hispanismo que tem suas origens, na França, no início do século XX, quando a Idade Média e o Século de Ouro tinham um lugar privilegiado já que o campo era visto como um prolongamento dos estudos clássicos. No entanto, nos últimos tempos, como nos outros domínios estrangeiros, as teses de doutorado portam na sua grande maioria sobre o período contemporâneo. Além disso, surgem progressivamente novos trabalhos no domínio dos hispanismos que privilegiam os países ibero-americanos, com forte e crescente presença dos estudos cinematográficos e, de maneira mais geral, das artes visuais, o que não se constata em nenhuma outra área estrangeira na França.

Nesse contexto, propomos refletir e debater sobre a questão da passagem da margem ao cruzamento de disciplinas nos diferentes domínios de formação e de pesquisa em letras e ciências humanas e sociais: onde e como se concretiza a passagem da pluri à transdisciplinaridade?

Os próprios termos que definem os diferentes domínios de formação e de pesquisa podem ser discutidos, em particular a noção de «civilização». Constata-se da mesma forma o uso crescente do paradigma dos «Studies», «Cultural Studies», dos «Visual Studies», dos «Gender Studies», etc. Nesse sentido, qual lugar atribuir no hispanismo francês à expressão de «Spanish Studies» forjada no mundo anglo-saxônico?

Sem pretender esgotar essas questões, a jornada de estudos de Paris 13 busca dar voz a pesquisadores de diferentes «disciplinas». Serão organizados ateliês paralelos, com intervenções de 20 minutos (em português, espanhol, catalão o francês) selecionadas pelo comitê de organização

As propostas de comunicação devem ser enviadas antes do 15 de janeiro de 2021 para o endereço: hispanistesparis13@gmail.com, indicando o título e um resumo de 10 linhas e 5 palavras-chave e uma breve apresentação do autor da proposta. 

HispanismeS: del marge a l’encreuament de les disciplines ?

Jornades d’estudi Université Sorbonne Paris Nord

Société des Hispanistes Français

Dijous 3 i Divendres 4 de juny de 2021

Campus de Villetaneuse et Campus Condorcet (Aubervilliers)

En aquestes jornades d’estudi que inclouran una reunió de la junta i del comitè de la Société des Hispanistes Français, així com una Assemblea General, es tractarà de qüestionar el paradigma de les « disciplines » i dels intercanvis o encreuaments entre elles. Els hispanistes, amb els lusistes i els catalanistes no es defineixen com a especialistes d’una o una altra disciplina, sinó com a especialistes d’àmbits estrangers. D’aquesta manera, mantenim que som al marge de les disciplines, ubicats en una mena de marginalitat. Però seria aquesta darrera només sinònim de marginació? No implicaria més aviat ubicar-nos, amb d’altres docents-investigadors dels àmbits estrangers, en una posició de mediació entre les disciplines, al si de les nostres carreres universitàries i de les nostres recerques, i entre els col·legues d’altres departaments i equips de recerca, identificats per la seva banda, per una única disciplina (si és que això fos possible en els fets): historiadors, especialistes de literatura, lingüistes, geògrafs, sociòlegs, antropòlegs, historiadors d’art, etc.

Actualment constatem, generalment, que la investigació es troba en una dinàmica de globalització. A més, s’està convidant els investigadors en « humanitats » a implementar un diàleg no només intern, entre les disciplines que en formen part, sinó també extern, amb les disciplines de ciències dures, els metges, les economistes, els juristes, etc., així com “a passar a l’era digital”. Quin paper hi juguen els especialistes d’àmbits estrangers? Quin paper han de/poden jugar-hi?

Tenen els hispanistes, que treballen plegats amb els lusistes i els catalanistes a les universitats franceses, una identitat pròpia al si dels especialistes d’àmbits estrangers?  L’hispanisme, o més aviat, els hispanismes, es troben en un canvi, en un moment de re-definició. S’aparten de l’hispanisme llegat des del començament del segle XX a França en el qual l’Edat Mitjana i el Segle d’Or tenien gran importància perquè eren la prolongació dels estudis clàssics. Ara, com passa a tots els altres àmbits estrangers, les tesis de doctorat se centren en el període contemporani. En els hispanismes, però més de la meitat de les tesis se centren en els països de l’Amèrica Ibèrica, amb una presència notable i creixent d’estudis fílmics, i més generalment d’arts visuals, el que no es pot constatar en cap altre àmbit estranger a França.

Proposem, en aquest marc, aplicar i debatre la qüestió del pas del marge a la intersecció de les disciplines en els diferents àmbits de docència i d’investigació en lletres i en ciències humanes i socials: on i com passar de la pluri- a la transdisciplinaritat ?

Es discuteixen també els termes d’allò que defineix els diferents àmbits de les carreres universitàries i de les recerques, en concret el terme de “civilització”. Es constata també l’ús cada cop més gran del paradigma « Studies », dels « Cultural Studies », dels « Visual Studies », del « Gender Studies », etc. Quin lloc en aquest marc podem donar dins de l’hispanisme europeu a l’expressió «  Spanish Studies » ou d’ « Iberian Studies » forjat pel món anglo-saxó?

Per no donar una resposta tota feta a aquestes qüestions, les jornades d’estudi de Paris 13 donaran la paraula a investigadors de « disciplines » diferents. Organitzarem tallers paral·lels, amb intervencions (en francès, espanyol, portuguès o català) de 20 minuts seleccionades pel comitè d’organització.

Encara es poden enviar les propostes de comunicació a hispanistesparis13@gmail.com abans del 10 de gener de 2021. A més d’indicar-ne el títol, aquestes propostes hauran d’incloure un resum i 5 paraules-claus.

Journée d’étude “Pouvoir et émotions : sensibilités, représentations et gouvernance dans l’Europe moderne (France, Espagne)”, 15 novembre 2019

Appel pour une journée d’étude qui aura lieue le 15 novembre 2019 à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée

Depuis le courant de l’histoire des mentalités, dans la tradition de l’école des Annales, de nouvelles perspectives historiographiques se sont ouvertes autour de la question des émotions. Cette thématique rassemble des chercheurs s’intéressant à la place occupée par la dimension affective dans la vie des sociétés mais également dans les rapports de pouvoir et la production/reproduction des inégalités. Sur le plan de l’histoire politique, l’émotion joue un rôle effectivement majeur en tant que réaction, stimulus ou lien entre les individus et les groupes sociaux. Des « communautés d’émotion » décrites, ici ou là, par les historiens font leur apparition lorsqu’un dirigeant, une élite ou une institution provoque, encadre ou, au contraire, censure une réaction collective qui, au-delà de toute orientation idéologique, identitaire ou genrée, prend la forme d’une réponse émotionnelle jamais neutre (plaintes, émeutes, pamphlets, chansons, violences, etc.).

Dans le contexte de l’époque moderne, la gestion de l’émotion concerne autant les dirigeants (traditionnellement, l’impassibilité affichée par les monarques tranche avec l’hybris des tyrans) que ceux qui y sont soumis et qui doivent, souvent sur commande, se réjouir (couronnement, victoire militaire ou mariage) ou se lamenter (défaite, complot, assassinat, décès, etc.). La société du spectacle, venue de la Cour, valorise-t-elle forcément toutes les émotions ou n’opère-t-elle pas un tri entre ce qui peut s’exprimer et se montrer et ce qu’il convient de dissimuler, d’intérioriser ? L’histoire sensible des monarchies françaises et espagnoles d’Ancien Régime recouvre un vaste panel d’émotions (celles des puissants, celles de leurs obligés) qui, parfois, atteignirent leur paroxysme à l’occasion de crises majeures. Ainsi, en marge d’une histoire politique du corps et de ses représentations, la prise en compte des affects permet une relecture constructive de l’histoire longue des rapports de domination dans les sociétés occidentales. Enfin, notons que les relations géopolitiques et les échanges culturels franco-hispaniques ont souvent donné lieu à des comparaisons entre deux royaumes longtemps ennemis. Sur le plan des références majeures et des concepts-clé du discours politique, les legs de l’Antiquité et les mutations de la Renaissance ont souvent rapproché ces deux Etats malgré des tensions et des conflits de part et d’autre des Pyrénées. Sur le plan de l’histoire des émotions, les discours « identitaires » français et espagnols, savamment instrumentalisés en période de conflit, reflètent une lecture « psychologique » figeant deux « Etats », voire deux « nations », et ramenant des populations très diverses à des stéréotypes affectifs dont témoignent les arts, les sciences et les lettres.

Cette journée d’étude transpériodique et interdisciplinaire (histoire, civilisation hispanique, histoire des arts, sciences politiques, etc.) entend interroger les rapports de pouvoir et de domination (sur le plan politique, économique psychologique ou symbolique) s’inscrivant dans une dimension sensible et s’exprimant par des émotions (adhésion, résistance, joie, tristesse, amour, haine, etc.) individuelles et/ou collectives qui peuvent aussi bien renforcer les structures de décision que les fragiliser en cas de contestation radicale. La représentation (ou la non-représentation) des émotions du pouvoir comme la manipulation des émotions à des fins de pouvoir, la circulation des émotions entre le pouvoir (roi, seigneur, ministre, valido, etc.) et le.s public.s dans une interaction non dépourvue d’ambiguïté, sinon de manipulation, sont les champs que cette journée d’études internationale entend explorer, dans le contexte franco-hispanique. Le domaine d’étude visé est l’époque moderne sans pour autant s’interdire d’explorer des repères plus anciens, dotés d’une valeur exemplaire ou fondatrice.

Envoi des propositions (titre provisoire, résumé de 10 lignes maximum, brève bio-bibliographie rappelant les titres et travaux) jusqu’au 13 mai 2019 à :

  • Stanis PEREZ, MSH Paris Nord, Pleiade : stanis.perez@mshparisnord.fr
  • Sarah Pech-Pelletier, Université Paris 13, Pleiade : sarah.pelletier@univ-paris13.fr
  • Christine OROBITG, Aix Marseille Université, TELEMME : christine.orobitg@gmail.com

Document

Télécharger l’appel à communications

Journée d’étude “Le matériau historique dans les productions grand public (Espagne et Amérique)”. 13 septembre 2019

Appel pour une journée d’étude qui aura lieue le 13 septembre 2019 à la MSH Paris Nord à Saint-Denis

Organisation

Cette Journée d’Études est co-organisée par les laboratoires  LISAA-EMHIS – UPEM et PLEIADE – PARIS 13

Texte de l’appel à communication

Cette journée d’étude part du constat que de plus en plus de productions grand public sont consacrées à l’histoire de l’Espagne et/ou de l’Amérique Latine, qu’il s’agisse de revues, de bandes dessinées, de jeux vidéos, de fresques historiques, de biopics ou, plus récemment, de séries télévisées. La multiplication de ces productions participe, semble-t-il, d’un regain d’intérêt pour l’histoire, lié aux questions mémorielles, et procèdent d’un phénomène de « dédisciplinarisation » (Lyon-Caen et Ribard : 2010). Leur succès, à commencer par celui des séries, est passé, en quelques années seulement, du simple phénomène de mode à celui de société, comme l’ont mis en lumière les sociologues et les juristes qui ont entrepris d’examiner ce que les séries nous disent des évolutions de nos sociétés et de nos mentalités (collection « La série des séries » dirigée par Jean-Baptiste Jeangère Vilmer aux Presses Universitaires de France).

Si les sociologues se sont emparés de ces productions comme d’un nouvel objet d’étude, les historiens se montrent encore très frileux, en partie à cause du contentieux épistémologique qui oppose depuis longtemps histoire et fiction. Or, le succès de ces productions constitue un véritable enjeu, car elles questionnent à la fois la conception et la façon d’écrire l’histoire, mais aussi, plus largement le statut du discours de l’historien et sa réception dans la société. De plus, les historiens s’avouent parfois décontenancés face à de telles productions et tendent à se réfugier dans une analyse de leur rigueur historique, ce qui, paradoxalement, contribue à affaiblir d’autant plus l’analyse du spécialiste. Dès lors, comment les historiens doivent-ils envisager ces productions ? Quelle analyse doivent-ils faire de leur usage et de leur traitement du matériau historique ? Comment leurs connaissances sont-elles réinvesties par les réalisateurs et par les producteurs ? Comment les historiens doivent-ils se positionner face au traitement médiatique de la discipline historique ?

Le champ des problématiques qui se posent est immense, en partie du fait de l’ampleur et de la diversité du corpus. Aussi cette journée d’étude a-t-elle vocation à engager une réflexion sur la question de l’usage et de la divulgation du matériau historique dans les productions grand public en Espagne et en Amérique Latine. Elle prendra la forme d’un atelier, dont le but sera de faire émerger les enjeux d’une réflexion plus large à entreprendre sur la dialectique entre le discours médiatique et le discours académique.

Les communications porteront prioritairement sur la façon dont le matériau historique et les connaissances historiques sont réinvestis dans l’élaboration d’un discours articulé autour d’un régime, d’un État ou d’un ordre social et sociétal. Elles pourront être axées sur l’un ou plusieurs des points suivants, bien que cette liste ne soit pas exhaustive :

  • la nature et le traitement du matériau historique utilisé : quel(s) type(s) de matériau historique la fiction contemporaine choisit-elle d’intégrer dans son projet narratif et selon quelle(s) modalité(s) : dans quel but (visée didactique, sélection s’appuyant sur des pré-requis ou recréation fictionnelle du passé à partir d’images d’archives…) ? en quoi ces productions questionnent-elles les discours académiques, en quoi les forcent-elles à se renouveler, à se réorienter sur certains objets ?
  • comment le matériau historique est-il utilisé et traité pour être rendu convaincant et pertinent ? ;
  • quelle(s) analyse(s) du pouvoir et du contre-pouvoir ces productions proposent-elles ? qu’est-ce que ces analyses ont à nous dire de l’idéologie qui les sous-tend ? Et, de façon corollaire, quelle(s) idéologie(s) produisent-elles ? On questionnera ici, au besoin, la dialectique entre esthétique de la réception et création du sens.
  • en quoi ces productions orientent-elles ou modifient-elles notre regard sur ces faits passés et que cherchent-elles à nous dire sur le présent ? Sur cette question, on laissera, pour l’instant, de côté toutes les interrogations liées aux questions mémorielles ou à celle du statut de témoin dans la construction du discours historique. Non pas qu’elles ne soient pas en lien, mais parce qu’elles constituent déjà en soi un prolongement qui nécessitera un traitement à part.

On prendra soin de ne pas faire porter les efforts sur la rigueur, le justesse, la minutie ou encore la pertinence de l’utilisation du matériau historique ou de la reconstitution du passé. On s’attachera, au contraire, à créditer les productions grand public d’une capacité à produire, par l’intermédiaire des codes et des formes qui leur sont propres (film, documentaire, bande-dessinée, série, jeu vidéo, roman, théâtre, etc.), un ensemble de connaissances scientifiques (sociologiques, politiques, historiques, etc.) en se fondant sur le matériau historique.

Plus qu’une vision d’ensemble, c’est une série de cas révélateurs que la journée d’études envisage de réunir, de comparer et de contraster, afin de parvenir à engager une réflexion sur les usages de l’histoire dans le domaine public, mais aussi plus largement sur la question du rôle politique, social et sociétal de l’herméneutique de l’histoire. En d’autres termes : qu’apprend-on de l’histoire et que cherche-t-on à lui faire dire de notre société ?

La journée d’études se tiendra à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée le 15/11/2019.

Les communications ne devront pas excéder 30 minutes.

Un titre et un résumé, même provisoires, de vos communications sont à envoyer avant le 27/05/2019 aux organisateurs.

Les versions écrites seront publiées dans L’Âge d’Or (ISSN 2104-3353), revue électronique du LISAA/EMHIS.

Organisateurs :

  • Sarah Pech-Pelletier (Paris 13) : sarah.pelletier@univ-paris13.fr
  • Mathias Ledroit (UPEM) : mathias.ledroit@u-pem.fr

Documents

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