Publications 2014

Georges Henein : l’éclat de la ténuité Itinéraire d’un écrivain francophone entre Égypte et Europe au XXe siècle, Honoré Champion. 2014

de Marc Kober

No 5. 2014. 1 vol., 392 p.

Cet ouvrage met en lumière l’éclat de la ténuité dans les récits de Georges Henein. La poétique développée par le conteur se traduit par l’importance de la symbolique du temps et par la recherche ontologique des personnages dans un monde soumis à l’herméneutique. Le rythme des images suit des analogies musicales proches de celles du Jazz-hot, soit l’improvisation comme mode de création continue. Car les récits sont le lieu où se rejoue le conflit de l’être et du temps. L’idée est que ces récits sont un moyen précis d’effectuer une présence tissée d’absence. Chez Georges Henein, ils sont le terme d’une réflexion sur l’être et sur la condition humaine. L’ouvrage démontre comment la poétique de la ténuité vient apporter une solution d’ordre littéraire et esthétique aux relations conflictuelles et dialectiques de l’être avec le temps.

Références

ISBN : 978-2-7453-2799-4

À propos de l’auteur

Marc Kober est enseignant-chercheur en littérature française et comparée à l’Université Paris 13-Sorbonne Paris Cité.

Autour de Shylock. 2014

sous la direction de Anne Étienne et Agathe Torti-Alcayaga

Ce numéro contient deux pièces inédites en français de Julia Pascal et Arnold Wesker, ainsi qu’un entretien entre les deux auteurs.

Sommaire

Avant-propos, Susan BLATTES
Introduction, Anne ÉTIENNE et Agathe TORTI-ALCAYAGA
Arnold Wesker, Shylock
texte français d’Anne ÉTIENNE et Raymond GARDETTE
Julia Pascal, Le Marchand de Venise : La Pièce de Shylock
Texte français d’Agathe TORTI-ALCAYAGA
Interview between Arnold Wesker and Julia Pascal
conducted by Anne ÉTIENNE for RADAC
Traduction française de l’entretien entre Arnold Wesker et Julia Pascal
Texte français d’Anne ÉTIENNE et Agathe TORTI-ALCAYAGA

Sade et les femmes ailleurs et autrement. Revue Itinéraires LTC n°20132, l’Harmattan. 2014

sous la direction d’Anne Coudreuse et de Stéphanie Genand

Si l’œuvre de Sade, jadis clandestine, occupe aujourd’hui une place spectaculaire dans la critique, cette consécration, à la fois philosophique, éditoriale et esthétique laisse paradoxalement dans l’ombre la place problématique qu’y occupent les femmes. L’enjeu dépasse pourtant la scène biographique. Omniprésentes comme personnages, mais aussi comme objets de discours et de savoirs, les figures féminines saturent un corpus où leurs histoires, jointes aux réflexions politiques sur leur place au sein de la cité, invitent à dépasser le spectacle de leurs souffrances. Que cache l’aveuglant diptyque qui oppose Justine à Juliette ? La question, qui valorise les modèles « amphibies » et les nuances d’une représentation complexe du féminin, concerne aussi la place singulièrement dévolue à la lectrice de Sade : de l’hypothèse d’une agression à l’élaboration d’une réflexion de genre sur l’identité féminine, la réception sadienne reste un théâtre complexe où résonne, derrière la voix d’un auteur hanté par la mère et la jeune fille, le trouble d’un univers où masculin et féminin inversent épisodiquement leurs prérogatives. À l’occasion du bicentenaire de la mort du Marquis (1814-2014), « Sade et les femmes » explore un territoire méconnu de sa postérité.

Références

220 p.
ISBN : 978-2-343-02712-8
ISSN électronique : 2427-920X

Commander ce numéro

Le temps femmes. Textes mémoriels des Lumières, Classiques Garnier. 2014

sous la direction de Anne Coudreuse et de Catriona Seth

>

En quoi y aurait-il une spécificité du regard et du vécu des femmes en matière de temps, et quelles traces en trouve-t-on dans les textes mémoriels qu’elles sont nombreuses à rédiger dans toute l’Europe, dans différents milieux et avec des buts divers, au XVIIIe siècle ? À partir de recherches originales, menées dans des fonds publiés et manuscrits, par des collègues de différents pays européens, des plus grands spécialistes comme Philippe Lejeune à des chercheurs en début de carrière, ce collectif offre un angle d’approche inédit sur les Lumières au féminin et éclaire d’un jour nouveau un aspect essentiel de l’écriture de soi.

ISBN : 978-2-8124-3023-7

L’histoire est une littérature contemporaine. Manifeste pour les sciences sociales, Éditions du Seuil. 2014

d’Ivan Jablonka

“L’histoire n’est pas fiction, la sociologie n’est pas roman, l’anthropologie n’est pas exotisme, et toutes trois obéissent à des exigences de méthode. À l’intérieur de ce cadre, rien n’empêche le chercheur d’écrire. La littérarité des sciences sociales ne renvoie pas à une technique, mais à un choix : le chercheur est placé devant une possibilité d’écriture. Concilier sciences sociales et créativité littéraire, c’est tenter d’écrire de manière plus libre, plus originale, plus juste, plus réflexive, non pour relâcher la scientificité de la recherche, mais au contraire pour la renforcer.

Réciproquement, une possibilité de connaissance s’offre à l’écrivain : la littérature est douée d’une aptitude historique, sociologique, anthropologique. Les écrits du réel – reportages, enquêtes, récits de vie, témoignages – forment une littérature ouverte sur le monde, traversée par des raisonnements, désireuse non seulement de représenter le réel, mais de le comprendre. Écrire pour dire du vrai.

Comme l’histoire peut être une littérature contemporaine, la littérature a quelque chose d’une histoire contemporaine ; et l’on pourrait dire la même chose des autres sciences sociales. Il y a là des perspectives nouvelles pour le siècle qui s’ouvre.”

Références

339 pages
ISBN : 978-2-02-113719-4

Revue de presse

À propos de l’auteur

Ivan Jablonka est professeur d’histoire à l’université de Paris 13. Il a notamment publié Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus (Seuil, 2012 Prix du Sénat du livre d’histoire, Prix Guizot de l’Académie française, Prix Augustin-Thierry des Rendez-vous de l’histoire de Blois).

L’Enfant-Shoah, Puf. 2014

sous la direction d’Ivan Jablonka

Pendant la Seconde Guerre mondiale, un million et demi d’enfants juifs ont été assassinés. En 1945, ceux qui vivent encore sont, à proprement parler, des survivants. Cachés pendant la guerre, rescapés des camps, orphelins, confiés à des maisons d’enfants ou élevés par des parents brisés, tous sont voués à grandir dans l’ombre de la Shoah. Comment se construire lorsqu’on porte un si lourd héritage ? Qu’ils aient grandi en France, en Grande-Bretagne, en Pologne, en Israël, aux États-Unis, ces enfants ont appris un métier, se sont mariés, ont mené leur vie comme tout un chacun. Ils ont raconté – ou omis de raconter – leurs épreuves à leurs propres enfants, qui sont devenus, nolens volens, les dépositaires de leur histoire.

Table des matières

Préface de Boris Cyrulnik

I. Enfances d’après-guerre

Audrey KICHELEWSKI (Université de Strasbourg) et Judith LINDENBERG (EHESS) – « Les enfants accusent ». Témoignages d’enfants survivants dans le monde polonais et yiddish
Maggie KIRSH (University of Wisconsin-Madison) – La politique de placement des enfants en Grande-Bretagne et en Palestine
Kathy HAZAN (Œuvre de secours aux enfants) – Les collectivités d’enfants juifs en France après la Shoah
Laura HOBSON FAURE (Université Paris 3) – Les enfants juifs et le Joint dans la France d’après-guerre
Catherine POUJOL (Université libre de Bruxelles) – La restitution des enfants juifs cachés par l’Église de France
Patrick CABANEL (Université de Toulouse-Le Mirail) – Enfants juifs et mamans Justes

II. Deuil et traumatismes

Nathalie ZAJDE (Université Paris 8) – La thérapie des enfants cachés : entre psychologie et histoire
Marion FELDMAN (Université Paris Descartes) – Psychopathologie des enfants cachés en France
Irène EPELBAUM (Œuvre de secours aux enfants) – Les groupes de parole d’enfants cachés
Masha ITZHAKI (Inalco) – Aharon Appelfeld, l’enfant romancier
Frosa PEJOSKA-BOUCHEREAU (Inalco) – Danilo Kiš ou le témoin au futur

III. Transmettre

Sarah GENSBURGER (CNRS) – « C’étaient des enfants » : retour sur une exposition
Aurélie BARJONET (Université de Versailles-Saint-Quentin) – Les petits-enfants : une génération d’écrivains hantés
Marianne RUBINSTEIN (écrivain) – Restaurer la colonne vertébrale de nos familles
Ivan JABLONKA (Université de Paris 13) – Petit-fils, historien, Juif

À propos de l’auteur

Ivan Jablonka est professeur d’histoire à l’université de Paris 13. Il a notamment publié Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus (Seuil, 2012 Prix du Sénat du livre d’histoire, Prix Guizot de l’Académie française, Prix Augustin-Thierry des Rendez-vous de l’histoire de Blois).