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AAC – La culture imprimée du cinéma. Ciné-feuilletons, ciné-romans, ciné-romans-photos et autres hybridations transmédiatiques (XXe-XXIe siècles)

culture imprimee du cinema

La culture imprimée du cinéma.
Ciné-feuilletons, ciné-romans, ciné-romans-photos et autres hybridations transmédiatiques (XXe-XXIe siècles)

DATE LIMITE DE SOUMISSION : 15 AVRIL 2026

Colloque organisé par l’Unité de Recherche pluridisciplinaire Pléiade, avec le soutien de Médialect et de l’Institut universitaire de France, les 5 et 6 novembre 2026 à Paris/Aubervilliers

Argumentaire

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Durant le premier tiers du XXe siècle, le septième art se constitue progressivement en industrie dans plusieurs pays. Au même moment, s’organise une promotion spécifique, qui s’appuie sur des objets dérivés du grand écran destinés à annoncer ou relayer l’image filmique et à remédier à sa fugacité. Dès les années 1910, se développent des imprimés très divers, au croisement de l’objet culturel et du support publicitaire : affiches de films, programmes de salles, brochures promotionnelles, suppléments de périodiques, presse spécialisée, cartes postales, etc. C’est dans cet ensemble médiatique et commercial que font leur apparition les « ciné-romans », également désignés comme « romans-cinémas », « ciné-feuilletons », « films racontés » ou « novellisations / novélisations[1] » – autant de termes identifiant cette pratique qui consiste à coucher le cinéma sur le papier. Ainsi, l’écrit accompagne l’essor d’un spectacle visuel qui s’adresse bientôt à un public de masse.

Ce processus témoigne de la mise en place d’une nouvelle culture transmédiatique, « quand émigre vers le livre [ou l’imprimé] un récit natif d’ailleurs[2] ». Elle privilégie très tôt un principe de diffusion modulaire, qu’il soit séquentiel (sous forme de séries) et/ou cumulatif (épousant la logique de collections) ; cela conditionne à la fois les formes narratives et les modes de circulation des œuvres. L’un des points de départ de ce phénomène réside dans l’émergence, en 1914, des serials américains, films à épisodes dont la segmentation s’impose en partie pour des raisons techniques, le cinéma devant alors se découper en chapitres suivant les longueurs des bobines. En France, les premiers films à épisodes apparaissent dès 1908 avec la série des Nick Carter de Victorin Jasset. Ce mode de diffusion cinématographique se renforce au contact d’une culture du feuilleton développée depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Le premier cinéma se consolide ainsi en dialogue avec l’héritage populaire feuilletonesque, renouvelant à son tour la culture de l’imprimé[3].

Les hybridations entre l’écrit et l’écran ont donné lieu à une grande variété de productions médiatiques. Derrière la notion de ciné-roman se dissimule une multiplicité de formes : certaines se présentent comme des narrations, telles que le « roman » ou le « conte cinématographique[4] » ; d’autres se définissent en référence au théâtre ou à la poésie : « drames cinématographiques », « poèmes dans l’espace[5] », « scénarios poèmes[6] » ou « poèmes cinématographiques[7] ». La diversité des termes employés témoigne d’une conscience historique hétérogène du phénomène. Certains y voient surtout un mode de diffusion, voire un simple support, quand d’autres l’associent à un « genre littéraire nouveau[8] ». Ainsi, dans sa conférence du 26 décembre 1917[9], Guillaume Apollinaire avait appelé les poètes à « se préparer à cet art nouveau » qu’était le cinéma. La même année, le critique Louis Delluc avait également invité les écrivains à publier des scénarios à la manière des auteurs dramatiques[10].

Impliquant la photographie, le photogramme ou parfois le dessin[11], ces productions hybrides combinent texte et image dans des proportions variables. Lues en amont ou en aval de la projection filmique, elles se prêtent, selon les cas, à une consommation immédiate ou à une logique de collection destinée à accumuler les fascicules composant un récit filmique complet ou à constituer une bibliothèque personnelle de films racontés. Ainsi, l’engouement suscité par ces avatars a parfois été tout aussi important que celui qu’inspiraient les films qu’ils relayaient. Ils ont certainement dû ce succès à leurs éléments iconographiques. À bien des égards, c’est l’image qui a sauvé ces objets « jetables » du rebut et c’est elle qui, souvent, a fait le bonheur des collectionneurs. La dimension cumulative du phénomène a pu contribuer à la conservation et explique que les ciné-romans constituent parfois l’unique trace d’œuvres de celluloïd aujourd’hui perdues, ce qui leur confère une valeur patrimoniale.

Diverse sur les plans formel et terminologique, cette constellation des ciné-romans est aussi d’une ampleur considérable. Selon une estimation formulée par Maurice Dubourg en 1968, « [l]e roman cinéma, entre 1915 et 1939, aurait donné environ dix mille titres répartis dans trente à quarante collections différentes[12] ». Cette production se déploie à la fois dans la presse spécialisée, dans la presse quotidienne dotée de rubriques consacrées au septième art, dans des brochures offertes aux lecteurs-spectateurs et au sein de collections éditoriales spécifiques. En France, la distribution des films, fondée sur une synergie entre les salles de cinéma et les journaux quotidiens du groupe Sapène (Le Matin, Le Journal, L’Écho de Paris et Le Petit Parisien), est stimulée par la publication écrite des épisodes tournés à Joinville[13]. En Espagne, un phénomène comparable s’observe : dès les années 1910, les feuilletons de la revue El Cine anticipent les collections populaires de ciné-romans en proposant des versions écrites d’histoires issues de films à succès. Puis, dans le prolongement du feuilleton, de petits fascicules rappelant l’ancienne livraison[14] sont bientôt diffusés dans différents pays. Ces productions rencontrent souvent un vif succès. En Espagne, c’est particulièrement le cas des fascicules publiés par Francisco-Mario Bistagne, qui lance La Novela Semanal Cinematográfica (1922-1933) aux côtés de toute une kyrielle de collections apparentées[15], et des ciné-romans de Ramón Sala Verdaguer, qui publie, entre autres collections, la célèbre Biblioteca Films entre 1924 et 1936. Au total, une centaine de collections espagnoles ont été publiées des années 1920 aux années 1950, soit au moins 6 000 titres. En France, la presse spécialisée (Le Cinéma, Ciné-journal) et la presse magazine (Cinémagazine, Mon Ciné, Le Film complet, Ciné-Miroir) jouent également un rôle central, de même que les maisons d’édition qui proposent de nombreuses collections spécialisées, aux périodicités quotidiennes ou hebdomadaires : « Les Romans-cinémas » à La Renaissance du Livre (1916-1922), « Les Chefs-d’œuvre du cinéma » (1917-1923) et « Cinéma-Bibliothèque » (1921-1940, en plusieurs séries et sous-collections) chez Tallandier, « Les Grands Romans-Cinéma » (1921) chez Ferenczi, « Les films chez soi » (1922) de Fayard, « La Petite Illustration cinématographique » en 1925 lancée par L’Illustration, « Les Grands Romans filmés » chez Offenstadt en 1925, la « Collection du film » en 1926 chez Plon et « Le Cinéma romanesque » en 1928 chez Gallimard[16].

Cette phase d’expansion du ciné-roman se situe dans une chronologie longue et internationale. Ses origines se trouvent dans le sillage des formules du feuilleton, du fascicule et de la livraison, avant un développement plus important stimulé par la collaboration avec l’industrie cinématographique, notamment avec Pathé et Gaumont. Le phénomène s’inscrit surtout dans des dynamiques d’importation de modèles, en particulier en provenance des États-Unis, où le rôle des serials est déterminant. Mais c’est plus largement en Angleterre, en Espagne et en Italie que peuvent se saisir les mutations du ciné-roman, et ce jusqu’à des formes contemporaines, voire jusqu’au Street Art et à l’esthétique kitsch. Pour la France, on observe un essoufflement de la production à partir de 1933, suivi d’un regain notable après la Seconde Guerre mondiale. Blaise Cendrars édite avec Louis Delluc des scénarios de films dès les années 1920. Dans les années 1930, Marcel Pagnol lance la collection « Les Films qu’on peut lire » (1937-1938). Les années 1950-1960 voient l’émergence du « ciné-roman-photo[17] », sous l’impulsion d’éditeurs italiens relayés en France par des revues comme Mon Film ou Nous Deux. Se pose alors la question d’une résurgence du ciné-roman sous la forme du roman-photo, ou à l’inverse celle de la concurrence entre une forme en déclin et une formule nouvelle. Malgré ces fluctuations, l’objet continue d’exister sur les plans culturel et artistique. Dans les années 1960, certaines collections se spécialisent dans les novellisations de films, comme les « romans-choc » chez Seghers, principalement dédiés aux films de la Nouvelle Vague, ou « Les Grands succès de l’écran » chez Denoël. Par la suite, les détournements artistiques contemporains renouvellent les matériaux et les enjeux esthétiques du ciné-roman ou du roman-photo, comme en témoigne l’œuvre de Clémentine Mélois.

Ces évolutions historiques et géographiques appellent une réflexion poétique fine, comparative et située. Les avatars du ciné-roman interrogent en effet les affinités avec d’autres formes narratives et discursives, telles que l’album, le feuilleton, les écritures de presse, la rhétorique publicitaire et la critique. Ils mettent en tension la stratégie éditoriale et la réinvention du genre romanesque. Cela invite à une périodisation attentive aux chronologies de (re)publication, permettant de distinguer le récit devenu film, le récit adapté du film et les configurations intermédiaires. Avec Daniel Compère, on peut différencier le ciné-roman au sens strict, en tant que roman écrit d’après un film, et le ciné-roman au sens large, comme tout roman publié en lien avec un film[18]. Cette distinction peut recouvrir au moins trois cas de figure : la réédition d’un roman déjà publié ayant inspiré un film, le roman écrit comme scénario d’un film (dont le tournage n’a pas toujours eu lieu), le roman écrit d’après un film et publié à l’occasion de la sortie de ce dernier[19]. Selon les cas, la diffusion concomitante des dispositifs filmique et imprimé génère des effets de complémentarité, de redondance ou de réinterprétation. Cela a pu contribuer à insuffler du renouveau dans le roman-feuilleton qui se sclérosait, comme le notait le journaliste et critique de cinéma Lucien Boisyvon en 1921 : « Il ne faut pas dire que le roman-cinéma a tué le feuilleton, il s’en est au contraire fait un allié[20] ».

Les ciné-romans sont fortement tributaires des stratégies commerciales visant à combiner les modes de réception et à agréger les publics. Significativement, lorsque Le Matin fait la promotion du ciné-roman Les Mystères de New-York, publié dans ses pages du 27 novembre 1915 au 28 avril 1916 et adapté par Pierre Decourcelle du récit américain The Exploits of Elaine, il explicite en ces termes le succès rencontré : « Le roman-cinéma est la publication simultanée de la même œuvre en feuilleton et en film. Ce mode de publication, qui a été mis en pratique pour la première fois en Amérique, avec Les Mystères de New York, a eu un succès tellement considérable qu’il s’est traduit par 4 millions 500.000 lecteurs nouveaux[21]. » Le journal précise alors sa stratégie : « L’expérience faite en Amérique et en Angleterre a prouvé que les spectateurs qui voient le film pour la première fois veulent ensuite en lire les péripéties en feuilleton, où elles sont beaucoup plus détaillées que sur l’écran ; de même, ceux qui lisent le feuilleton éprouvent le plus vif intérêt à en revoir les différentes scènes illustrées par le cinéma[22]. » Il formule enfin cette prédiction triomphante : « Concluez : Vous lirez tous le feuilleton. Vous irez tous voir le film[23]. » Une telle complémentarité, particulièrement efficace à l’époque du cinéma muet, appelle l’analyse de ses évolutions médiatiques ultérieures et de ses ajustements culturels, politiques et esthétiques. Comme le note Étienne Garcin, « [d]e 1908 à 1928, date de l’avènement du parlant et du film long, le cinéma ne va pas cesser de puiser dans le fonds littéraire et d’utiliser le récit sous toutes ses formes à des fins promotionnelles, soit en lui demandant d’expliquer et d’annoncer une image encore muette, sous la forme du ciné-roman, soit en le reléguant à une fonction de ressassement du film une fois celui-ci passé, sous la forme du roman-cinéma[24] ». 

Cette hybridation plurimédiale des poétiques concerne donc les temporalités de consommation, les modalités de coprésence du texte et de l’image, mais aussi les rapports entre romanesque et vraisemblance, la novellisation venant souvent expliciter ce que le film suggère. Le passage à l’écran précipite l’incursion dans le réel, mais ne s’embarrasse pas toujours du vraisemblable et nécessite ensuite une réécriture qui explicite et rationnalise ce qui, à l’écran, ne se laisse que deviner. Comme le remarque Frédéric Boutet, romancier et auteur de ciné-roman, en 1921 : « Le genre cinéroman a donc devant lui un champ d’action immense et pourrait faire naître d’excellentes œuvres ; de nombreux personnages y évoluent, dans les milieux les plus variés ; leurs aventures apparaissent presque simultanément, et cette simultanéité qui offre les combinaisons mêmes de la vie permet le romanesque sans exclure la vraisemblance[25]. » On constate en effet des amplifications du film au ciné-roman et un nécessaire retravail du point de vue : externe et épousant le regard de la caméra dans le film, il devient généralement omniscient dans la version imprimée. À cela s’ajoutent les disparités entre un cinéma de serial américain considéré comme peu réaliste et une esthétique du feuilleton à la française vue comme davantage ancrée dans le réel quotidien. Quelles sont alors les négociations d’esthétiques de part et d’autre de l’Atlantique ? Quelles opérations de transformation successives remodèlent ces œuvres ?

Le point commun de ces configurations, que le roman soit écrit pour devenir un film ou qu’il résulte de celui-ci, est la diffusion cumulative – souvent sérielle – des deux dispositifs, suivant le « synchronisme du journal et de l’écran[26] ». Cela engage des enjeux cruciaux liés à la circulation des genres et des imaginaires. Comme le souligne Matthieu Letourneux, « [q]u’il ait existé assez tôt des collections de ciné-romans spécialisées dans l’adaptation romanesque d’un genre de film […] démontre la possibilité pour un récit de genre de circuler d’un média à l’autre[27] », ce qui interroge la « cohésion transmédiatique des imaginaires génériques[28] ». Ces caractéristiques se déploient dans des négociations entre diverses traditions nationales. Elles concernent aussi directement certains genres codifiés, tels que le mystère urbain, le récit criminel et le detective novel, d’autant que les ciné-romans prolongent et revisitent volontiers les narrations autour des héros populaires, comme Judex (1916[29]), Rouletabille chez les Bohémiens (1922[30]), Vidocq (1923[31]), Mandrin (1924[32]) et Belphégor (1927[33]).

Par ses contextes et ses références, le ciné-roman soulève nécessairement des enjeux de légitimité, à la croisée de la culture populaire et des pratiques avant-gardistes. Il circule dans des espaces géographiques et culturels participant à une culture-monde[34] et contribue à la diffusion de modèles et de valeurs. Il apparaît comme un dispositif situé entre le produit dérivé et l’œuvre adressée, posant la question de la liberté créatrice, du statut artistique de la novellisation ou encore de l’interpénétration des cultures canonique et mainstream. Les films mis en ciné-romans ne concernent d’ailleurs pas que des récits populaires, mais aussi des œuvres classiques, comme Le Cousin Pons de Balzac et Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre publiés dans la « Collection du film » chez Plon. Enfin, le ciné-roman est une forme dont se sont emparé.es certain.es écrivain.es renommé.es, à l’instar d’Alain Robbe-Grillet et de Marguerite Duras, ce qui amène à considérer dans quelle mesure la réécriture d’un film peut constituer un acte créateur original et spécifique.

Très tôt, des questions de reconnaissance se sont posées. Les discours d’époque révèlent une conscience aiguë des valeurs du ciné-roman. Entre jugements parfois sévères et investissement du genre par des auteur.rices (re)connu.es, se développe un commentaire qui réfléchit à la vraisemblance, à la part d’adaptation et de liberté laissées au romancier, aux stratégies à déployer et aux publics cibles, comme chez Pierre Decourcelle (« Une idée neuve », Le Matin, 25 novembre 1915) ou Guy de Téramond (« Comment on écrit un roman-cinéma », Cinémagazine, 21 janvier 1921). Ce dernier préfère voir une forme résolument populaire et destinée à le rester : « Sans doute, quel qu’il soit, le roman-cinéma ne remportera-t-il jamais le prix Goncourt ? C’est ce que ses détracteurs lui reprochent amèrement. Peu importe ! Il amuse le public. C’est là tout le secret de son succès. Ne lui donnons point dans la littérature une plus grande place qu’aux œuvres des Gaboriau, des Mérouvel et des Richebourg, et n’y voyons sagement qu’une forme nouvelle du feuilleton populaire. Ne lui demandons pas plus qu’il ne nous peut donner : une simple distraction sans prétention[35]. » Du côté de la critique catholique, les avis sont nettement prohibitifs, comme celui formulé par Louis Jalabert en 1922 : « Le “Cinéroman” ou “Roman filmé” est ainsi né de la demande une fois de plus, le besoin a créé l’organe. Ce genre nouveau porte la tare de ses origines, c’est un hybride né de la contamination, du croisement du drame et du roman, un bâtard de la littérature[36]. » Plus tard, le roman-photo fera quant à lui l’objet de cinglants rejets aux motifs de sa vulgarité, de sa bêtise et de son public supposé de midinettes.

Ces réflexions concernent directement la place de l’écriture du ciné-roman dans une carrière d’écrivain, en particulier chez les plus prolifiques ou engagés d’entre eux, comme Jean Petihuguenin, Georges Le Faure, Arthur Bernède, Pierre Decourcelle, Guy de Téramond, Charles Vayre, entre autres auteurs français. De même, dans le cas de l’Espagne, la trajectoire d’un romancier tel que Vicente Blasco Ibáñez est éloquente : l’intérêt qu’il prête, dès les années 1910, aux possibilités éditoriales et esthétiques de la « novela cinematográfica » prépare à bien des égards son triomphe à Hollywood lors de la décennie suivante[37]. Par ailleurs, en France, la création de sociétés professionnelles en 1908 (Société cinématographique des Auteurs et Gens de Lettres, fondée par Pierre Decourcelle et Eugène Gugenheim), en 1913 (Syndicat des auteurs et compositeurs cinématographiques) et en 1919 (Société des Ciné-Romans, créée par Arthur Bernède, Gaston Leroux et René Navarre) témoigne d’une redéfinition du statut du romancier. Cela va de pair avec une revendication accrue du droit d’auteur, qui invite à observer, sur les couvertures et dans les annonces publicitaires, le jeu des signatures pour déterminer lesquelles sont mises en évidence ou invisibilisées – une part importante des œuvres publiées dans les collections populaires étant d’ailleurs restée anonyme. Ces données permettent de cerner la reconnaissance relative dont bénéficie tel romancier parmi ses collaborateurs, ce qui s’accompagne dans les premiers temps d’une montée en puissance du rôle dévolu à l’écrivain. Pierre Decourcelle se présente comme un « modeste adaptateur » des Mystères de New York, tout en précisant qu’il a changé la périodicité (d’hebdomadaire à quotidienne) et qu’il a recomposé l’œuvre en modifiant sa poétique : « Les épisodes de la version première n’étaient pas pour ainsi dire reliés entre eux. Ils s’en allaient les uns derrière les autres sans corrélation directe dans la suite des événements. L’œuvre de l’adaptateur a consisté surtout à établir, à composer, de ces récits distincts, un tout homogène, à faire de cette succession de nouvelles un vrai roman qui excite dès le début, et conserve jusqu’à la fin, l’intérêt du lecteur[38]. » L’écrivain est dans certains cas étroitement associé aux décisions cinématographiques, à l’instar d’Arthur Bernède promu directeur littéraire suite au contrat que Jean Sapène, directeur du Matin, signe avec Pathé en 1922, ce qui lui donne un droit de regard sur les scénarios et la réalisation. Plusieurs romanciers sont même directement impliqués dans le processus de tournage des films. Il importe donc d’observer la répartition des fonctions entre les professions, requérant pour certains agents la double activité de réalisateur et d’écrivain – tel le français Félix Léonnec –, voire la triple casquette d’écrivain, cinéaste et « éditeur de films » dans le cas de l’Espagnol Blasco Ibáñez fondateur de la maison Prometeo Film, ou encore l’investissement successif ou simultané des rôles de romancier, scénariste et traducteur.

Si les avatars du ciné-roman constituent des sources précieuses pour l’histoire du cinéma, le présent colloque entend surtout les considérer comme un objet d’étude à part entière. Malgré leur diffusion massive, les novellisations ont longtemps été négligées en raison du « mépris dans lequel on tient le genre[39] » et à cause du statut d’éphémères dans lequel on range par défaut leurs traces actuelles. Les ciné-romans posent des questions de conservation, de muséologie[40], de propriété intellectuelle et de valorisation patrimoniale. Leur étude appelle une approche pluridisciplinaire, croisant histoire du cinéma, analyse littéraire, histoire de l’édition et de la culture médiatique. Elle implique également une attention particulière aux aires culturelles, principalement les États-Unis, la France, l’Angleterre, l’Italie et l’Espagne, puisque les transferts et les adaptations sont au cœur même de la naissance du genre. Ce colloque propose donc d’étudier les formes, les valeurs et la diffusion de cette culture imprimée liée au cinéma. On explorera la poétique et l’histoire des supports, les degrés de légitimité, la créativité transmédiatique et les circulations internationales du ciné-roman.

Les communications pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des axes suivants :

  • Poétique : désignations génériques, inscription entre genre, support éditorial et pratique culturelle, formats, sérialité, temporalités, rapports texte-image, places de la photographie, des photogrammes et du dessin, thèmes et intrigues privilégiés, modulations successives et/ou simultanées, héritages et innovations romanesques.
  • Circulations : adaptations, traductions, transferts, ajustements culturels et nationaux, effets de censure, part collective de la création, professionnels impliqués, modalités de coopération, spécialisation d’auteurs dans le genre.
  • Médias : phénomènes de re-médiation, complémentarités et concurrences des langages et des supports, parts respectives des cultures visuelle et écrite, hybridations inter- et transmédiatiques, types de séquentialités entre la série et la collection.
  • Publics : consommation, collection, cinéphilie, cibles respectives du ciné-roman, du roman-photo et du ciné-roman-photo, stratégies, rhétorique et dispositifs publicitaires, modes et lieux de distribution (salles de projection, librairies, kiosques, presse magazine, etc.).
  • Valeurs : enjeux de légitimité artistique et littéraire, statuts de l’écrivain, délégitimation populaire, artialisation, reprise et consécration par les avant-gardes.
  • Patrimonialisation : archéologie et muséologie d’un objet culturel, statut d’éphémère, politiques de conservation, valorisation des archives.

Les propositions de communication, comprenant un titre, un résumé d’environ 400 mots et une brève biobibliographie, sont à envoyer (au format .doc ou .docx) à Valérie Stiénon et Cécile Fourrel de Frettes avant le 15 avril aux deux adresses suivantes : cecile.fourrel.de.frettes@gmail.com etvalerie.stienon@univ-paris13.fr.

Les communications seront de préférence en français, langue du colloque, mais des interventions en anglais ou en espagnol peuvent être acceptées.

Une réponse sera apportée, après examen des propositions, avant le 27 avril.

Le colloque sera suivi d’une publication des articles retenus après évaluation.

Bibliographie indicative

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  • Ansón Antonio, Novelas como álbumes : fotografía y literatura, Murcia, Mestizo, 2000.
  • Ansón Antonio (dir.), Los mil relatos de la imagen yuno más : fotografía y literatura, Curso Fotografía y literatura, Festival Huesca Imagen 2002, Huesca, Diputación provincial de Huesca, 2003.
  • Baetens Jan, « La novellisation, un genre contaminé ? », Poétique, n°138, 2004/2, p. 235-251.
  • Baetens Jan, La novellisation. Du film au roman, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2008.
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  • Baetens Jan, Pour le roman-photo, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2017 (édition revue et augmentée).
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  • Baetens Jan, « Série ou collection ? Notes sur le roman-photo », Belphégor, n°19-1, 2021. URL : http://journals.openedition.org/belphegor/3923.
  • Baetens Jan, « Le ciné-roman-photo, un roman-photo cinématographique ? », dans Jacqueline Guittard et Martine Lavaud (dir.), dossier « L’usage du roman photo », Romanesques / Roman & Romanesque, revue du Cercll, n.° 15, 2023, p. 129-147.
  • Baetens Jan, « Détournements de ciné-roman-photo », dans Julien Jeusette, Julien Pieron et François Provenzano (coord.), Dossier « Montage littéraire. De Cadiot à Quintane », Littérature, n°220, Armand Collin, 2025, p. 110-123.
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  • Fourrel de Frettes Cécile, « L’Espagne littéraire au prisme des éphémères cinématographiques : brochures promotionnelles, affiches, ciné-romans et autres produits dérivés du cinéma », dans Olivier Belin, Florence Ferran et Bertrand Tillier (éds.), Les éphémères imprimés et l’image. Histoire et patrimonialisation, Éditions universitaires de Dijon, coll. « Art, archéologie et patrimoine », p. 79-95, 2023.
  • Fourrel de Frettes Cécile, « Las “novelas cinematográficas” de Francisco-Mario Bistagne : ¿una mala literatura? », dans Emilio José Ocampos Palomar et Guadalupe Nieto Caballero (eds.), Lecturas y público en la Edad de Plata, Peter Lang, 2026.
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  • Hamon Philippe, Imageries. Littérature et image au XIXe siècle, Paris, José Corti, 2001.
  • Laguna Martínez Ana, « La transgresión de la fotonovela como género artístico », 1616 : Anuario de Literatura Comparada, n°9, décembre 2019, p. 217-238.
  • Letourneux Matthieu et Mollier Jean-Yves, La Librairie Tallandier. Histoire d’une grande maison d’édition populaire (1870-2000), Paris, Nouveau Monde Éditions, 2001.
  • Letourneux Matthieu, Fictions à la chaîne. Littératures sérielles et culture médiatique, Paris, Le Seuil, 2017.
  • Le Rocambole, n°s 78/79, « Écriture des cinéromans », 2017.
  • Martínez Montalbán José Luis, La novela semanal cinematográfica, Madrid, CSIC, coll. « Literatura Breve », nº9, 2002.
  • Migozzi Jacques (dir.), De l’écrit à l’écran. Littératures populaires : mutations génériques, mutations médiatiques, Limoges, PULIM, coll. « Littératures en marge », 2000.
  • Migozzi Jacques et Le Guern Philippe (dir.), Production(s) du populaire, Limoges, PULIM, coll. « Médiatextes », 2004.
  • Nacache Jacqueline et Bourget Jean-Loup (dir.), Cinématisme. La littérature au prisme du cinéma, Berne, Peter Lang, coll. « Film Cultures », 2012.
  • Ortel Philippe, La littérature à l’ère de la photographie. Enquête sur une révolution invisible, Nîmes, Chambon, 2002.
  • Pons Christian-Marie,« Littérature populaire : le livre déterritorialisé », dans Jacques Michon et Jean-Yves Mollier (dir.), Les mutations du livre et de l’édition dans le monde du XVIIIe siècle à l’an 2000, Presses universitaires de Laval/L’Harmattan, 2001, p. 448-452.
  • Rainey Buck, Serials and Series. A World Filmography 1912-1956, Jefferson, McFarland & Company, 1999.
  • Rivera Jorge B. et Romano Eduardo, « De la historieta a la fotonovela », Capítulo universal, n°40, Buenos Aires, Centro Editor de América Latina, 1971.
  • Romanesques, n°15, « L’usage du roman-photo » (dir. Jacqueline Guittard et Martine Lavaud), Paris, Classiques Garnier, 2023.
  • Sirinelli Jean-François. « Introduction. L’avènement de la culture-monde », dans Jean-Pierre Rioux et Jean-François Sirinelli (dir.), La culture de masse en France de la Belle Époque à aujourd’hui, Fayard, 2002, p. 7-25.
  • Thovéron Gabriel, « Le voyage Roman/Cinéma, et retour », dans GabrielThovéron, Deux siècles de paralittératures : lecture, sociologie, histoire, Liège, CEFAL, 1996, p. 300-306.
  • VirmauxAlain et Odette, Le ciné-roman, un genre nouveau, Paris, Edilig, coll. « Médiathèque », 1983.

Comité d’organisation

  • Valérie Stiénon (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade et IUF)
  • Cécile Fourrel de Frettes (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade)
  • Irene Quesada Sarmiento (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade et Universidad de Alicante)

Comité scientifique

  • Mehdi Achouche (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade)
  • Jan Baetens (KU Leuven)
  • Nancy Berthier (Casa de Velázquez)
  • Marjolaine Boutet (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade)
  • Alain Carou (Bibliothèque nationale de France)
  • Brice Castanon-Akrami (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade)
  • Christèle Couleau (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade)
  • Benoît Crucifix (KU Leuven)
  • Annick Farina (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade)
  • Matthieu Letourneux (Université Paris Nanterre, CSLF)
  • Marie-Ève Thérenty (Université Paul Valery Montpellier 3, RIRRA 21)
  • Marie-Linda Ortega (Université Sorbonne Nouvelle, CREC)

[1] Selon la désignation retenue par Jan Baetens, La novellisation. Du film au roman, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, 2008.

[2] Christian-Marie Pons, « Littérature populaire : le livre déterritorialisé », dans Jacques Michon et Jean-Yves Mollier (dir.), Les mutations du livre et de l’édition dans le monde du xviiie siècle à l’an 2000, actes du colloque international à Sherbrooke en 2000, Presses de l’Université Laval, L’Harmattan, 2001, p. 450.

[3] Voir Alain Carou et Matthieu Letourneux, Cinéma, premiers crimes, Paris Bibliothèques, 2015.

[4] Romain Rolland publie comme tel son Donogoo-Tonka ou les miracles de la science dans La Nouvelle Revue Française, fin 1919.

[5] Pierre Albert-Birot emploie cette terminologie pour définir certains de ses écrits avant 1920 (Alain et Odette Virmaux, Le ciné-roman, un genre nouveau, Paris, Edilig, 1983, p. 28).

[6] Qualificatif inventé par la critique pour définir La perle fiévreuse de Blaise Cendrars publié dans la revue Signaux de France et de Belgique entre 1921 et 1922. Il s’agissait du découpage technique d’un film qui, selon l’auteur, aurait été réalisé puis détruit (ibid.).

[7] Ce terme a désigné – parmi bien d’autres créations lexicales combinant un genre littéraire particulier au média cinématographique – un scénario publié par son auteur alors qu’il n’avait pas (encore) servi au tournage du film correspondant. Philippe Soupault l’employa en ce sens lorsqu’il édita un « poème cinématographique » intitulé Indifférence (1918), à l’attention de « ceux qui ont les moyens matériels de le réaliser ». Le texte fit école et, à sa suite, beaucoup se mirent à publier des projets de films en espérant qu’ils attireraient l’attention des cinéastes (Alain et Odette Virmaux, op. cit.,p. 28).

[8] Article anonyme, Ciné-Journal, 13-19 septembre 1909.

[9] Conférence intitulée « L’esprit nouveau et les poètes ».

[10] Louis Delluc, texte de 1917 recueilli dans Cinéma et Cie, Grasset, 1919.

[11] Dans le cas des films dessinés, consistant en l’adaptation graphique d’un film préalable.

[12] Maurice Dubourg, « Le Roman-cinéma », Désiré, n°16, 1re série, avril 1968.

[13] Jean-Pierre Jeancolas, Histoire du cinéma français (3e éd.), sous la direction de Michel Marie, Paris, Armand Colin, 2011, p. 33-34.

[14] La livraison est « chacune des parties d’un ouvrage publié par volumes ou par fascicules livrés périodiquement » (Trésor de la langue française).

[15] À propos de cet éditeur, voir notamment José Luis Martínez Montalbán, La novela semanal cinematográfica, Madrid, Visor Libros, 2002 et Cécile Fourrel de Frettes, « Las “novelas cinematográficas” de Francisco-Mario Bistagne : ¿una mala literatura? », dans Emilio José Ocampos Palomar et Guadalupe Nieto Caballero (eds.), Lecturas y público en la Edad de Plata, Peter Lang, 2026.

[16] Pour un aperçu chronologique des collections et des structures éditoriales françaises spécialisées dans la diffusion de ciné-romans, voir la liste établie par Daniel Compère : « Collections et publications de cinéromans 1916-1933 », Le Rocambole, « Écriture des cinéromans », n°s 78/79, 2017, p. 61-76.

[17] Voir en particulier Jan Baetens, « Le ciné-roman-photo, un roman-photo cinématographique ? », dans Jacqueline Guittard et Martine Lavaud (dir.), dossier « L’usage du roman photo », Romanesques / Roman & Romanesque, revue du Cercll, n°15, 2023, p. 129-147.

[18] Daniel Compère, « Naissance des cinéromans », Le Rocambole, « Écriture des cinéromans », n°s 78/79, 2017, p. 20.

[19] Ibid., p. 20-21.

[20] Lucien Boisyvon, « Le véritable roman-cinéma français », L’Intransigeant, 6 janvier 1921.

[21] « Qu’est-ce que le roman-cinéma ? », Le Matin, 21 novembre 1915.

[22] Idem.

[23] Idem.

[24] Étienne Garcin, « L’industrie du ciné-roman », dans Jacques Migozzi (dir.), De l’écrit à l’écran. Littératures populaires : mutations génériques, mutations médiatiques, actes du colloque international 12-15 mai 1998, Centre de recherches sur les littératures populaires, Limoges, PULIM, coll. « Littératures en marge », 2000 (p. 135-150), p. 136.

[25] Frédéric Boutet, « Du film au roman, du roman au film », Le Journal, 18 novembre 1921.

[26] Guy de Téramond, « Comment on écrit un roman-cinéma », Cinémagazine, n°1, 21 janvier 1921.

[27] Matthieu Letourneux, Fictions à la chaîne. Littératures sérielles et culture médiatique, Le Seuil, 2007, p. 184-185.

[28] Ibid., p. 184.

[29] Sur un scénario de Feuillade et Bernède, paru en fascicules à La Renaissance du Livre en 1917, peu après sa diffusion en feuilleton dans Le Petit Parisien.

[30] Réalisé par Henri Fescourt sur un scénario de Gaston Leroux et paru simultanément dans Le Matin.

[31] Réalisé par Jean Kemm sur un scénario d’Arthur Bernède et paru dans Le Petit Parisien.

[32] Réalisé par Henri Fescourt sur un scénario d’Arthur Bernède et paru dans Le Petit Parisien.

[33] Réalisé par Henri Desfontaines sur un scénario d’Arthur Bernède et paru dans Le Petit Parisien.

[34] Jean-François Sirinelli, « Introduction. L’avènement de la culture-monde », dans Jean-Pierre Rioux et Jean-François Sirinelli (dir.), La culture de masse en France de la Belle Époque à aujourd’hui, Fayard, 2002, p. 7-25.

[35] Guy de Téramond, « Comment on écrit un roman-cinéma », Cinémagazine, n°1, 21 janvier 1921.

[36] Louis Jalabert, « La littérature commerciale, le ciné-roman », Études, 5 et 20 juin 1922.

[37] Cécile Fourrel de Frettes, L’évolution du rapport à l’image de Vicente Blasco Ibáñez (1908-1928), thèse sous la direction de Marie-Linda Ortega, Université Toulouse 2-Jean Jaurès, 2012.

[38] Pierre Decourcelle, « Une idée neuve », Le Matin, 25 novembre 1915.

[39] Jan Baetens, La novellisation, op. cit.

[40] Voir notamment les expositions consacrées au roman-photo au MUCEM de Marseille du 13 décembre 2017 au 23 avril 2018 (https://mucem.org/expositions/roman-photo/) et à KU Leuven en 2021, ainsi que celle consacrée au ciné-roman-photo dans ce dernier centre en 2024.

Autres appels

AAC – La culture imprimée du cinéma. Ciné-feuilletons, ciné-romans, ciné-romans-photos et autres hybridations transmédiatiques (XXe-XXIe siècles) Lire la suite »

Vers une approche pluridisciplinaire du jeu vidéo : workshop pour jeunes chercheur·euse·s

Vers une approche pluridisciplinaire du jeu vidéo : workshop pour jeunes chercheur·euse·s

DATE LIMITE DE SOUMISSION : 1ER MARS 2026

RÉSUMÉ

L’histoire de la recherche autour du jeu (vidéo) témoigne de sa nature pluridisciplinaire (Meunier, 2017 ; Rueff, 2008 ; Zabban, 2012). Cette recherche se caractérisait par un paradigme ontologique dans ses débuts, avec notamment les écrits cherchant à définir l’activité ludique (Huizinga, 1938 ; Caillois, 1967 ; Henriot, 1969) ou les premiers écrits de concepteurs de jeux vidéo (Crawford, 1982) et de chercheurs en game studies qui visaient à définir le jeu vidéo à travers sa structure, ses composants et ses configurations (Aarseth, 1997 ; Murray, 1998).

Les études du jeu vidéo sont ensuite passées à un paradigme méthodologique : l’intérêt n’est plus de définir mais d’analyser sous différents angles. Il s’agit dès lors d’étudier le phénomène sous différentes perspectives, notamment en empruntant à d’autres disciplines des outils d’analyse adaptés aux études vidéoludiques. L’on distingue ainsi une diversité d’approches, notamment esthétique (le jeu vidéo comme art), clinique (comment le jeu vidéo affecte la société et l’individu), critique (le jeu vidéo comme représentation d’une idéologie ou d’un phénomène culturel), utilitaire (les façons d’utiliser le jeu vidéo), exploratoire (comment inventer de nouveaux jeux et améliorer le médium), et bien d’autres (Perron, 2010).

Ceci se traduit notamment par la diversité des champs disciplinaires dont sont issu·e·s les chercheur·euse·s traitant du jeu vidéo : sociologie, histoire, littérature, études étrangères, études cinématographiques et audiovisuelles, sciences de l’éducation, et sciences de l’information et de la communication, parmi d’autres (Barnabé et al., 2023).

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AAC – L’œuvre multiple. Plurimédialité, recherche et création

L’œuvre multiple. Plurimédialité, recherche et création

DATE LIMITE DE SOUMISSION : 10 JANVIER 2026

Argumentation

À l’ère de la convergence numérique, l’œuvre d’art ou de création ne se limite plus à son médium premier. Elle se ramifie, se décline, circule et s’enrichit au contact d’autres supports et d’autres pratiques. Cette démultiplication médiatique n’a jamais été aussi visible qu’aujourd’hui : un roman devient série, un tableau évolue en installation, une performance se fait archive numérique, un récit se prolonge dans un jeu vidéo ou une fanfiction en ligne. Les études des cultures populaires et médiatiques ont été les premières à analyser ce phénomène. « Sérialité et culture médiatique : le lien organique des deux phénomènes fut justement plusieurs fois mis en perspective, appréhendé du côté de la production et de sa logique de flux comme du côté de la réception en ses usages et variantes. » (Migozzi, 2000, p. 17). Ce constat établi il y a vingt-cinq ans s’étend désormais bien au-delà de la seule sérialité médiatique, puisqu’il concerne à présent une grande partie des productions culturelles et artistiques, toutes légitimités et thématiques confondues. L’évolution des industries culturelles, des technologies de communication et des pratiques participatives invite ainsi à redéfinir nos objets d’étude et à repenser les frontières entre les disciplines. L’analyse de ces formes plurielles requiert la collaboration de chercheurs issus de champs variés : littérature, presse, cinéma, histoire, peinture, photographie, musique et chanson, bande dessinée et roman graphique, danse, art contemporain, performance, théâtre, spectacle vivant, écritures et dispositifs numériques.

Le présent appel à contributions pour un numéro de la revue Itinéraires entend fédérer cette diversité sous le concept de plurimédialité, définie comme l’ensemble des modalités selon lesquelles une œuvre se déploie, se prolonge ou se reconfigure à travers plusieurs supports matériels et dispositifs sémiotiques. La plurimédialité implique une coopération et une coexistence dynamique des formes et des médias, un dialogue entre texte, image, son, geste ou espace, qui redéfinit les contours esthétiques et signifiants de l’œuvre. Selon les cas, la plurimédialité peut être comprise d’un point de vue sémiotique, comme interaction de systèmes de signes hétérogènes au sein d’une même création ou entre plusieurs déclinaisons d’une œuvre, d’un point de vue médiologique, comme mutation des dispositifs de diffusion et d’inscription matérielle (du livre au web, de la scène à l’écran, du disque au clip), d’un point de vue esthétique, comme expérimentation formelle et ouverture des langages artistiques ou encore d’un point de vue culturel, comme réorganisation des pratiques de lecture, d’écoute et de visionnage dans un contexte de convergence médiatique. La plurimédialité recoupe et complète de la sorte les notions de transmédialité (Jenkins, 2006), de transfictionnalité (Saint-Gelais, 2011), de sérialité (Hills, 2002 ; Maigret, 2003 ; Thérenty, 2007 ; Letourneux, 2017) ou encore de remédiation (Bolter & Grusin, 1999). Elle se manifeste dans des formes très diverses qui ont en commun de déployer des constellations (Besson, 2015) de fictions, de discours, de supports et/ou d’objets, voire d’artefacts reliés les uns aux autres et composant un espace multimédial souvent de nature réticulaire : livres numériques enrichis, univers fictionnels déployés sur plusieurs supports, adaptations scéniques et vidéoludiques, créations collectives ou interactives, œuvres immersives, performances multimodales.

L’étude des pratiques contemporaines, sur lesquelles sera principalement centré ce numéro d’Itinéraires, gagne à articuler plusieurs champs de recherche : l’histoire culturelle des médias, la poétique des supports et des formes, l’analyse du discours et de la médiation, les théories de la fiction et de la narration transmédiale, les humanités numériques, les études de réception. Cette interdisciplinarité permet de saisir l’œuvre dans sa configuration matérielle et esthétique, d’observer la porosité croissante entre les sphères de production considérées comme légitimes et les cultures populaires, et de prendre en compte des pratiques expérimentales et émergentes où les rôles respectifs de l’auteur, du médium et du public se reconfigurent. Prenant acte de ces caractéristiques fondamentales, on pose l’hypothèse que les dynamiques de démultiplication plurimédiale ne se réduisent ni aux logiques commerciales des produits dérivés, ni aux effets d’une sérialité entendue comme simple répétition stéréotypée, ni aux clivages entre fait et fiction dont on sait les interactions complexes. Les ramifications plurimédiales de l’œuvre participent d’une reconfiguration profonde de l’acte créateur et du statut même de l’œuvre, désormais envisagée comme processus, dispositif ou réseau de formes.

À l’heure des industries créatives, des plateformes de streaming à abonnements, de la promotion des livres sur les réseaux sociaux et de l’édition monétisée des récits issus des coécritures en ligne, les déterminants économiques et matériels ont assurément leur importance. Mais, en complément de ces aspects, il s’agira surtout d’interroger les enjeux esthétiques et créatifs des expansions multimédiatiques : comment penser la continuité ou la fragmentation d’une œuvre plurimédiale ? Quelles tensions se jouent entre variation et fidélité, entre extension et recomposition ? En quoi ces mutations modifient-elles l’expérience esthétique du public, de plus en plus sollicité dans des formes de réception active, voire de co-création ? Pour tenter de répondre à ces questions, le numéro entend associer étroitement recherche et création, selon plusieurs angles : comme objet d’étude, à travers l’analyse de corpus ou de cas exemplaires d’œuvres plurimédiales ; comme espace de réflexion critique, via des entretiens et des collaborations entre chercheurs et artistes ; comme pratique expérimentale, en ouvrant la revue à des propositions elles-mêmes multimédiales ou performées qui associent rigueur scientifique et inventivité formelle. Afin de développer cette articulation, on orientera la réflexion dans trois directions principales : les supports, les réseaux et les dispositifs.

1) Supports : (re)création, remédiation, adaptation

Cet axe interroge les dynamiques d’évolution et de transformation des supports à travers lesquelles une œuvre se reconfigure. Il s’agit d’examiner comment le passage d’un médium à un autre (de l’écrit au visuel, du sonore au performatif, du papier au numérique) entraîne des mutations esthétiques, narratives et symboliques. La perspective portera sur les processus de recréation et de remédiation, c’est-à-dire sur la manière dont une œuvre s’actualise dans de nouveaux environnements médiatiques tout en réélaborant sa matérialité, ses scansions et son mode d’adresse. Les contributions pourront analyser les effets de traduction intermédiatique, les tensions entre fidélité et invention, ou encore les stratégies d’adaptation créatrice qui redéfinissent la continuité d’un univers artistique à travers la pluralité des supports.

Parmi les cas envisageables, figurent notamment : la transposition d’une œuvre littéraire vers un support (audio)visuel impliquant la recomposition du rythme narratif et de la matérialité du texte en images et en sons ; l’adaptation d’un récit en jeu vidéo ou en expérience interactive engageant la modification du rapport à la narration et la reconfiguration du dispositif d’immersion ; la réédition numérique augmentée ou hypertextuelle, où les annotations, liens et supports multimédias transforment la lecture linéaire en expérience exploratoire ; la recréation scénique ou performative par la mise en voix, la lecture-performance, le théâtre immersif ou des adaptations chorégraphiques traduisant le texte en geste, espace et rythme ; la reprise ou le détournement d’œuvres dans un nouveau contexte médiatique sous forme de remix, mashup ou collage, etc.

2) Réseaux : créations collectives multisupports

Ce second axe porte sur les configurations collectives et relationnelles de la création plurimédiale. Il explore la manière dont les œuvres émergent, se développent ou se prolongent dans des réseaux de pratiques et de collaborations, qu’elles soient institutionnelles, communautaires ou participatives. Ces dynamiques de co-création interrogent à la fois la dimension processuelle de l’œuvre (comprise comme un ensemble évolutif et adressé) et la construction partagée du sens entre créateurs et publics. On pourra étudier la constitution d’écosystèmes artistiques où se croisent plusieurs médias, les dispositifs de création collective qui s’appuient sur l’interaction ou la participation, ainsi que les formes d’écriture collaborative favorisant la démultiplication et la réinvention des récits.

Quelques sujets d’intérêt pourraient être les suivants : les plateformes d’écriture participative proposant des espaces numériques où plusieurs auteurs contribuent à un univers narratif commun (artefacts incarnant la fiction, cadavres exquis en ligne, wikis littéraires, bibles de mondes imaginaires) ; les productions des communautés de fans (fanfictions, fanarts, jeux inspirés d’univers, fanzines, blogs partagés) formant des réseaux de création et de prolongement des œuvres ; les collectifs artistiques interdisciplinaires réunissant auteurs, plasticiens, musiciens, codeurs, performeurs, graphistes qui conçoivent ensemble des projets hybrides mêlant plusieurs médias ; les spectacles construits avec le public par improvisations collectives ou performances connectées en direct, où la frontière entre créateur et spectateur s’efface, etc.

3) Dispositifs : stratégies d’appropriation, d’acclimatation, effets d’engagement

Ce dernier axe invite à réfléchir aux modalités d’appropriation des œuvres et des fictions, qu’elles relèvent de démarches esthétiques, sociales ou politiques. Il entend analyser comment les dispositifs médiatiques et artistiques favorisent l’engagement des publics et la recontextualisation des récits, en les adaptant à de nouveaux cadres de réception, de diffusion ou d’action. On s’intéressera aux formes d’acclimatation des œuvres à des contextes spécifiques, aux usages stratégiques de la fiction comme outil critique ou émancipateur, notamment à travers l’agentivité des récits, ainsi qu’aux dispositifs pédagogiques ou participatifs qui confèrent aux créations contemporaines une dimension expérientielle transformatrice.

Les études pourraient notamment concerner les cas suivants : les projets interactifs (installations, expositions, fictions en réalité virtuelle, expériences sensorielles) qui engagent le spectateur dans un rapport immersif et réflexif à l’œuvre ; les appropriations créatives et militantes des littératures de l’imaginaire (Besson, 2021) détournant des univers narratifs pour exprimer des revendications politiques, identitaires ou sociales, et construire des espaces de résistance ; les productions transmédias à vocation citoyenne ou inclusive (webdocs, fictions sociales en ligne, jeux sérieux) incitant à la réflexion et à l’implication ; plus généralement les projets où la fiction déborde le cadre diégétique de la représentation pour devenir une méthode d’action ou un vecteur de transformation (jeux de rôles, narrations spéculatives, ateliers de design fiction), etc.

Modalité de soumission

Les propositions d’articles, d’une longueur d’environ 300 mots accompagnées d’une brève notice biobibliographique, sont à envoyer avant le 10 janvier 2026 aux deux adresses des directrices du numéro : christele.couleau@univ-paris13.fr et valerie.stienon@univ-paris13.fr.

** Les normes rédactionnelles, à suivre scrupuleusement, sont détaillées sur le site de la revue : https://journals.openedition.org/itineraires/2255.

Calendrier prévisionnel

  • 31 octobre 2025 : lancement de l’appel à contributions ;
  • 10 janvier 2026 : date limite de réception des propositions ;
  • 10 juin 2026 : date limite de réception des articles** ;
  • 20 mars 2027 : date de retour des articles révisés ;
  • Publication prévue au dernier trimestre de 2027.

Coordination

Christèle Couleau, université Sorbonne Paris Nord, christele.couleau@univ-paris13.fr.

Valérie Stiénon, université Sorbonne Paris Nord, valerie.stienon@univ-paris13.fr.

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AAC – De quelles peurs le genre est-il le nom ?

De quelles peurs le genre est-il le nom ?

DATE LIMITE DE SOUMISSION : 7 JANVIER 2026

RÉSUMÉ

Nous interrogeons les peurs et résistances suscitées par les études de genre et les mouvements anti-genre, qualifiés de «  panique morale  ». Il valorise les apports critiques des études de genre à l’émancipation, à la justice sociale et au care, tout en analysant les logiques de délégitimation, les effets institutionnels et politiques, ainsi que les fragilisations psychiques et matérielles. L’événement accueille des contributions variées (sciences sociales, arts, architecture, santé, etc.) pour explorer les discours, imaginaires, conséquences et formes de résistances aux politiques d’égalité, en France et dans le monde, et promouvoir une réflexion sur les dynamiques d’émancipation contemporaines.

Communications classiques, posters, performances, vidéos, lectures, témoignages : toutes les formes de réflexion et de restitution sont envisageables. 

Pour cela il convient d’envoyer une proposition (peu importe le format) à l’adresse suivante colloquegenre2026@gmail.com avant le 7 janvier.

Le comité d’organisation adressera ses réponses le 15 janvier.

Ces propositions doivent comprendre :

  • Votre / vos nom(s) et affiliations universitaires, professionnelles ou associatives
  • Un titre et un résumé de votre proposition (2500 signes, espaces comprises)
  • Une courte biographie (500 signes, espaces comprises) et bibliographie

A la suite de ces deux journées, nous envisageons rapidement la possibilité d’une publication : à cette fin, les textes issus des communications seront à rendre pour le 15 juin. D’autres informations à ce sujet seront transmises ultérieurement. 

Le colloque aura lieu à Paris, Campus Condorcet les 5-6 mai 2026.

La proposition doit comporter un résumé (10-15 lignes maximum), un titre provisoire et une brève bio-bibliographie.

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Trouble dans la cartographie Contre-cartographie et changements de paradigme

Trouble dans la cartographie Contre-cartographie et changements de paradigmes

DATE LIMITE DE SOUMISSION : 1ER DÉCEMBRE 2025

RÉSUMÉ

La cartographie est intimement liée à l’exercice du pouvoir. Adoptée par les empires, les Églises, les grandes compagnies commerciales ou les États, elle a été une modalité de la mainmise sur les territoires et les espaces. À grande échelle, les cartographes devaient recenser les terres agricoles, à petite échelle, les routes, les villes et les côtes et la sémiologie était déterminée en fonction de ce qui avait de l’importance pour la spéculation ou l’extractivisme. Aujourd’hui, sous les multiples couches des cartes techniques que produit la géomatique, se révèlent les préoccupations prioritaires des administrations : les réseaux, les droits de propriété, ce qui peut être aménagé, ce qui doit être protégé.

Dans l’univers académique, la cartographie a fait l’objet d’une codification et d’une standardisation de plus en plus pointilleuses, aboutissant à une sémiologie de plus en plus étroite. Des classes primaires jusqu’aux formations des ingénieur·es, un protocole d’apprentissage inculque le sens de ce qui est important et mérite d’être cartographié selon des ordres hiérarchiques convenus. Au xxie siècle, les processus de digitalisation et l’économie de plateformes ont fait entrer l’humanité connectée dans de multiples cartes où les individus produisent en continu des informations qui permettent non seulement de qualifier mais aussi de donner de la valeur aux lieux. Désormais se pose la question du sens de cette nouvelle cartographie géolocalisée, permanente et standardisée au point d’accompagner chaque action au profit de nouveaux opérateurs privés qui marchandisent tout aussi bien les déplacements que les goûts et les envies. Ces nouvelles cartes ne sont plus de simples outils de la prise de décision ; elles assistent, guident, voire contrôlent, les usagères et usagers via des algorithmes de plus en plus sophistiqués.

Les cartes soutiennent les opérations de la grande transformation du monde au mépris des effets des projets d’infrastructures sur ce qui existe déjà, autant sur le vivant, humain et non-humain, que sur l’environnement. Cette violence cartographique se lit, a contrario, également dans le déni de ce qui n’est pas représenté sur les cartes officielles et qui pose la question profonde de la « reconnaissance » cartographique.

La déconstruction des cartes a mis au jour les enjeux de pouvoir qui sous-tendent la cartographie et le milieu académique interroge aujourd’hui la production et le recours aux cartes avec une prudence critique. Or, avec les Systèmes d’Information Géographique (SIG) et la dématérialisation numérique, la géovisualisation a pris le pas sur la cartographie et ce sont désormais les « data » qui sont au cœur du processus de création et d’analyse. La maintenance des banques de données occupe l’essentiel du temps des géomaticien·nes et le traitement graphique de leur travail se fait via des logiciels simplifiés qui appauvrissent largement la sémiologie cartographique au nom d’un processus continu de rationalisation et de fonctionnalisation. Les professionnel·les subissent à la fois une embolie des données cartographiques et un émiettement des connaissances géographiques qui impactent jusqu’à la validation des décisions politiques des administrations territoriales.

Le besoin d’une nouvelle cartographie se fait sentir et pose alors la question de l’intérêt général. Dans de nombreux domaines la représentation du territoire et de problèmes et enjeux à travers la cartographie se doit en effet d’impliquer toutes les actrices et acteurs de la cité afin de contribuer à une intelligibilité et à une décision motivée et partagée.. La démocratisation des techniques cartographiques et l’ouverture des données autour des nouveaux géocommuns numériques doivent ainsi contribuer à des pratiques partagées, qui concernent tout autant la recherche en sciences humaines et sociales que la société civile.

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AAC – Intime et psyché : discours et représentations de la vie intérieure dans l’Europe de la première modernité

Intime et psyché : discours et représentations de la vie intérieure dans l’Europe de la première modernité

DATE LIMITE DE SOUMISSION : 1er AVRIL 2026

RÉSUMÉ

Le volet IV du projet de recherche « Intime et intimité » – lancé depuis 2019 et qui a déjà donné lieu à 3 colloques et publications – aura lieu les 3 et 4 décembre 2026 à l’Université du Mans. Le thème retenu pour ce nouveau colloque international est Intime et psyché : discours et représentations de la vie intérieure dans l’Europe de la première modernité.

Les propositions de communication sont à envoyer avant le 1er avril 2026.

Langues acceptées : français, anglais, espagnol

La proposition doit comporter un résumé (10-15 lignes maximum), un titre provisoire et une brève bio-bibliographie.

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Colloque « Des liens aux réseaux du sang : controverses scientifiques et réactions sociétales. Europe occidentale, XVIe-XXe siècles » (12-13 novembre 2026)

[Appel à communication] Colloque « Des liens aux réseaux du sang : controverses scientifiques et réactions sociétales. Europe occidentale, XVIe-XXe siècles »

DATE LIMITE DE SOUMISSION : 15 JANVIER 2026

Colloque organisé par l’Université Sorbonne Paris Nord / UR PLEIADE et l’Institut de l’histoire des sciences de l’Académie polonaise à Varsovie les 12 et 13 novembre 2026

RÉSUMÉ

Le sang est un objet d’étude qui a traversé les siècles en raison de ses enjeux scientifiques et sociétaux. Ce fluide vital est vecteur de croyances et, dans certains cas, utilisé comme marqueur social indélébile. Il crée des tensions, des ostracismes, souvent avec le concours complice des instances de savoir ou de pouvoir.

La question est de déterminer en quoi le discours savant, traditionnel ou innovant, et les représentations populaires ont pu se mélanger ou, au contraire, se distinguer radicalement. Dans certains cas, les découvertes et les ruptures en termes de réception et de vision autour du sang et des liens qu’il génère ont pu conduire à des controverses intenses, parce qu’à l’encontre de conceptions traditionnelles jugées incontestables. Des discours savants se sont opposés, des réseaux se sont mobilisés. Changer la perception du sang des femmes, des étrangers ou des malades n’était pas sans conséquence. Mais, en l’état, ces turbulences autour d’un sang dont les qualités sont à reconsidérer sont encore mal connues.

Objectif du colloque

Nous souhaitons ouvrir cette réflexion à une large communauté de chercheur/ses : historiens et historiennes de la médecine et de la santé, spécialistes en hématologie, en génétique, mais aussi philosophes, ethnologues et sociologues. Cette diversité disciplinaire est indispensable pour comprendre la richesse des polémiques nées autour des « réseaux du sang » et la manière dont elles ont fait évoluer à la fois les savoirs, les pratiques, les gestes et les sensibilités. 

Nous aborderons, du point de vue des sciences humaines et sociales, les réseaux qui ont pu jouer un rôle autour des controverses relatives aux liens du sang dans leurs dimensions sociales, politiques et scientifiques. La diversité des normes, des espaces, des discours et des acteurs concernés ne sera pas éludée, bien au contraire. Nous nous interrogerons aussi sur la manière dont la compréhension des liens biologiques et familiaux, rendue possible par la génétique, a transformé, depuis plus d’un siècle, la définition normée et genrée de la « santé » (prise en charge des maladies héréditaires, anticipations thérapeutiques, nouvelles stratégies de soin). Cela nous permettra de mieux comprendre comment ces connaissances, plus ou moins bien acceptées, plus ou moins bien diffusées, ont contribué à transformer le rôle du sang et de ce qu’il contient dans le maintien de la cohésion familiale (l’ancien modèle aristocratique lié au fantasme de la pureté du sang résistait mal à la réalité des naissances « monstrueuses ») face à la maladie.

Zone géographique concernée : Europe méditerranéenne, occidentale et orientale.

Temporalité : XVIe-XXe siècles (période allant des premières théories sur la circulation sanguine aux premières percées scientifiques sur la génétique).

Thèmes abordés

  • Liens du sang, théories hématologiques et communautés savantes en opposition
  • Savoirs hématologiques et normes religieuses : une confrontation sous-estimée ? 
  • Expressions des sensibilités populaires au fil des progrès et des connaissances scientifiques sur le sang
  • Représentations des liens du sang comme sujet polémique dans les textes et les arts

Les objectifs que nous nous sommes fixés sont les suivants :

  • Comprendre l’impact des réseaux scientifiques européens dans les recherches sur les questions du sang et le développement des pratiques de santé qui s’y réfèrent
  • Comprendre l’incidence des découvertes scientifiques sur le sang sur les inégalités sociales et la perception des pauvres, de certains malades ou des étrangers
  • Observer la diversité des acteurs mobilisés pour améliorer la recherche sur le sang
  • Repenser l’être et la santé au fil des découvertes scientifiques sur le sang (préjugés et divisions des sociétés)
  • Redéfinition des liens sociaux et des rapports entre les sexes en fonction des évolutions des connaissances sur le sang (sang menstruel, ménopause)
  • Comprendre comment fut instrumentalisée la question du sang durant les crises sanitaires et sociales par les autorités publiques

Nous proposons d’articuler notre approche à travers quatre axes :

  • Les notions de liens et de réseaux du sang : théories et pratiques
  • La circulation des idées et des connaissances scientifiques sur le sang
  • La projection de représentations sur le sang et leurs évolutions
  • Les tensions scientifiques, politiques et sociétales au sujet du sang et des réseaux qu’il crée

Mots-clés thématiques

Sang, savoirs, normes, controverses, représentations.

Date limite de soumission

Les propositions de communication (300-400 mots) en français, en anglais ou en polonais, accompagnées d’une courte notice biographique, sont à envoyer d’ici le 15 janvier 2026 à 

sabrina.juillet-garzon@sorbonne-paris-nord.fr, renata.paliga@ihnpan.pl, sarah.pelletier@univ-paris13.fr, stanis.perez@univ-paris13.fr

Autres appels

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Maraîchage et arbres fruitiers en milieu urbain et péri-urbain : enjeux socio-environnementaux et problématiques d’aménagement

Maraîchage et arbres fruitiers en milieu urbain et péri-urbain : enjeux socio-environnementaux et problématiques d’aménagement

Appel à communication – Date limite : 8 novembre 2025

Nous sommes heureux de vous transmettre l’appel à communication de notre prochain colloque international intitulé « Maraîchage et arbres fruitiers en milieu urbain et péri-urbain : enjeux socio-environnementaux et problématiques d’aménagement » qui se tiendra les 23 et 24 février 2026 en hybride au Centre des colloques du Campus Condorcet à Paris-Aubervilliers. Le colloque est organisé dans le cadre des activités scientifiques de l’axe 1 « Marges, inégalités et vulnérabilités » de l’UR Pléiade, de la plateforme AGRITAKKH et des entités suivantes : Université Amadou Mahtar MBOW (Sénégal), INSS-CNRST (Burkina Faso), PBZ Tsimbazaza (Madagascar), Macoter (Mali), Africa Mandela Ranche (Sénégal) et UAO (côte d’ivoire).

Trois axes thématiques sont proposées (voir l’appel sur le site AGRITAKKH et en pj) : 

Axe 1 – Fruitiers et espaces maraîchers dans l’environnement (péri)urbain

Axe 2 – Aspects socio-économiques des activités maraîchères et des fruitiers

Axe 3 – Biodiversité végétale dans les espaces urbains et péri-urbains

Les résumés (500 mots) sont à envoyer à l’adresse mail suivante : agritakhh@gmail.com avec copie à  dioufmoctar@rocketmail.com.  Ils seront lus en double aveugle et évalués par les membres du comité scientifique. 

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AAC Collectifs : mémoires, discours, territoires 

Colloque Collectifs : mémoires, discours, territoires 

Appel à communication – Date limite : 15 juin 2025

À partir de terrains d’étude variés, aux Nords comme aux Suds, permettant de situer le propos dans différents contextes historiques, culturels et linguistiques, l’objectif du colloque « Collectifs : mémoires, discours, territoires » est de comprendre comment la notion de « collectif » permet d’appréhender des enjeux de société contemporains, globaux, dans une perspective comparative. Il s’agit d’étudier comment cette notion est construite, interprétée et remobilisée, dans des actions visant à faire émerger des solidarités. De même, l’enjeu est d’évaluer dans quelle mesure les « collectifs », formés, organisés, servent de levier à la création de légitimités et de projets politiques territorialisés. Ainsi, le colloque cherchera à déterminer comment les articulations entre « mémoires », « discours » et « territoires », permettent aux collectifs d’émerger, de se structurer et d’engager des changements sociaux observables dans l’espace.

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