Genre

Colloque « Dynamique de genre, sexualité et racialisation dans les Amériques » du Pôle Nord-Est de l’Institut des Amériques.

IMPORTANT :

La date de remise des propositions pour le colloque du pôle Nord-Est de l’Institut des Amériques a été repoussée au *15 juin*.

Pour plus d’information : https://www.institutdesameriques.fr/fr/article/dynamique-de-genre-sexualite-et-racialisation-dans-les-ameriques

« Dynamique de genre, sexualité et racialisation dans les Amériques », Colloque Institut des Amériques, Pôle Nord-Est, Université Gustave Eiffel (UGE/UPEM), Paris ; les 12, 13, 14 novembre 2020

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Les questions de genre, de sexualité et de race sont devenues des indices sociaux, culturels et politiques incontournables pour décrypter le monde contemporain et revisiter les événements passés. Ce positionnement semble paradoxal dans la mesure où il met sur la ligne de front des groupes minorés en quête d’agentivité, de voix collectives et de ruptures épistémologiques pour faire face aux régimes de savoir en place.

Le 16 août 2019, le ministère de la Justice des États-Unis a déposé une requête auprès de la Cour suprême des États-Unis concernant les « discriminations en raison du sexe » afin d’en exclure les personnes LGBTQI+. Depuis plusieurs années, le gouvernement Trump mène ainsi une attaque systématique contre les droits des personnes LGBTQI+, en ciblant particulièrement les trans*, dans l’armée, l’éducation, la santé ou encore le sport[1]. Les atteintes portées au droit des femmes à disposer librement de leur corps se multiplient également depuis plusieurs années aux États-Unis, tout comme en Europe du reste. En 2019, 9 États ont adopté des lois limitant l’accès à l’avortement, dont le Missouri, le Kentucky, l’Alabama ou la Louisiane[2]. L’institut Guttmacher estime que plus de 97% des femmes en âge de procréer demeurant en Amérique latine et dans les Caraïbes vivent dans un pays où existent des lois restreignant l’avortement[3]. Aux États-Unis ou au Brésil, entre autres, l’affirmation d’un retour à un ordre patriarcal, blanc, hétérosexuel et la célébration d’un État-nation souverainiste, capitaliste et colonialiste sont indissociables des dynamiques liées aux genres et à la sexualité, qui occupent une place visible dans le champ politique contemporain. On pourra donc s’interroger sur la manière dont les questions de genre, de racialisation et de sexualité offrent un éclairage et une perspective sur de nombreuses questions politiques, depuis le socle même de la politique, la volonté de définir des catégories et un langage spécifique, jusqu’aux violences réelles et symboliques résultant de décisions idéologiques.

Les dynamiques de genre et de sexualité sont au cœur des problématiques politiques, économiques, culturelles, et sociales des Amériques, où les situations sont diverses et multiples[4]. Certains mouvements prônent des processus de normalisation des genres et des sexualités, d’autres cherchent à déconstruire les catégories ou luttent pour leur émancipation. Depuis le mois d’août 2019, les Mexicaines se mobilisent pour dénoncer les violences de genre[5]. Aux États-Unis, le gouvernement actuel promeut une politique encourageant des discriminations pour des raisons de genre, de sexe ou de race.

Les multiples intersections entre genres, sexualités, races rappellent la nécessité d’analyses multifactorielles. Plus particulièrement, la créativité représentationnelle et sociale des identifications plurielles suggère une dynamique performative des genres et des sexualités qui formule des modes de résistance politique et imaginaire. Entre le déterminisme social et culturel et une liberté individuelle absolue, se loge le potentiel des espaces de résistance collective. Le terrain fécond des Drag Balls montre, par exemple, comment une population noire et latinx aux États-Unis est intervenue contre son effacement littéral et symbolique grâce à la création sociale (les « maisons » accueillant des jeunes gays et trans* sans abris) et artistique (voguing etc.) d’un univers queer singulier. L’existence de ces manifestations, opérant aux interstices des normes, s’est étendue dans de nombreux pays (Brésil, France) grâce à tout un réseau de représentations (documentaires, universitaires, série télévisuelle, etc.)[6], démontrant la façon dont les approches croisées et hybrides prennent sens dans l’épaisseur de phénomènes minoritaires. Ce sont de telles approches fluides, complexes et intersectionnelles qui fournissent des pistes d’exploration des dynamiques de genre, de sexualités et de races.

Sans doute, cette énergie née de forces antagonistes, l’opposition entre le minoritaire et le majoritaire, permet de mettre en avant le(s) mouvement(s), les interactions qui articulent de nouvelles perspectives. La dynamique de genre, de sexualité et de racialisation met-elle fin aux engluements des approches statiques ? Permet-elle de repenser les interventions politiques, les dissidences sociales, les pratiques imaginaires afin de transformer le monde et ses modalités ? Est-elle une technologie pour une futurité utopique queer (Muñoz 2009), féministe, et décolonisée ? Formule-t-elle une épistémologie pour une pratique et un imaginaire décloisonnés ? Ces interrogations peuvent fournir quelques pistes sur le potentiel critique d’une dynamique créée par la friction entre genre, race et sexualité qui s’articule avec les questions de représentations et de circulations. Les nombreux échanges entre Porto Rico et New York (de West Side Story à Hamilton) soulignent bien l’obligation de faire dialoguer le politique, le social, le culturel et l’artistique afin de pouvoir rendre compte des relations entre les Caraïbes, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. Les perspectives décoloniales, queer et féministes offrent un élan critique qui dénaturalise, déconstruit et refuse l’aliénation résultant des oppositions binaires.

Le colloque IDA propose ainsi d’interroger les dynamiques de genre, de sexualités et de racialisation dans les Amériques selon une perspective contemporaine ou historique. Les questions de genres et de sexualités pourront être articulées avec d’autres objets, dans une approche pluri ou transdisciplinaire, incluant tous les aspects du genre ou des sexualités (trans, inter, queer, féministes, postcoloniales, décoloniales, intersectionnelles…)

Les axes de recherches privilégiés pourront inclure les thématiques suivantes :

  • Représentations politiques, sociales et culturelles (infrapolitique, mouvements structurés, historiographies)
  • Performer la dynamique de genre, de sexualité et de racialisation sur la page, à l’écran, à la scène, à la ville et au-delà (circulations, hybridité, non-binarité, fluidité)
  • Reproductions, appropriations, défaillances (pink washing, homonationalisme, régressions…)
  • Résistances militantes, historiographiques et épistémologiques (intersectionnalité, désidentification, réseaux…)

Proposition en français, anglais ou espagnol (titre + 500 mots + corpus ou sources bibliographiques, cadre théorique), 5 mots clés, et courte notice biographique (150 mots) à envoyer à IDAEST2020@gmail.com jusqu’au 15 avril 2020 inclus, réponse fin mai 2020.

Nous acceptons une variété de propositions : communication individuelle ou en groupe (3), table ronde, atelier etc.

Merci de suivre la norme suivante pour le Nom de fichier : IDA2020 + nom patronymique

[1] Sam Levin, “'A critical point in history': how Trump's attack on LGBT rights is escalating,” The Guardian, September 3, 2019, https://www.theguardian.com/world/2019/sep/03/trump-attack-lgbt-rights-supreme-court. Voir l’analyse proposée par Marche et Servel, https://journals.openedition.org/ideas/4363.

[2] “Abortion Bans: 9 States Have Passed Bills to Limit the Procedure This Year,” K.K. Rebecca Lai, New York Times, May 29, 2019, https://www.nytimes.com/interactive/2019/us/abortion-laws-states.html.

[3] https://www.guttmacher.org/fact-sheet/abortion-latin-america-and-caribbean.

[4] Omar G. Encarnación, Out in the Periphery: Latin America's Gay Rights Revolution, Oxford University Press, 2016.

[5] “AP Explains: Why Mexican Women March Against Gender Violence,” The Washington Post, September 8, 2019, https://www.washingtonpost.com/world/the_americas/ap-explains-why-mexican-women-march-against-gender-violence/2019/09/08/ebaa1270-d1ed-11e9-a620-0a91656d7db6_story.html.

[6] On peut citer, ici, le documentaire qui a mis en avant les Balls, Paris Is Burning de Jennie Livingston, l’ouvrage universitaire Butch Queen Up in Pumps de Marlon M. Bailey ou tout récemment la série Pose.

Séminaire « Recherches sur le masculin »

Objet encore peu étudié dans les sciences humaines et même dans les études de genre, le masculin attire de plus en plus l’attention des chercheuses et des chercheurs. Depuis les travaux pionniers des Men’s Studies dans les années 1970, il dessine un champ de recherches dynamique dans le monde entier.

Ce séminaire est consacré à l’actualité de la recherche et aux débats publics sur le masculin. Nous nous intéresserons à sa construction et à ses mutations jusqu’à nos jours, en prenant en compte tous les phénomènes qui l’affectent, notamment les conquêtes féministes, la désindustrialisation et la transformation des cultures viriles. Nous évoquerons les frontières toujours mouvantes du masculin, en lien avec les normes relatives aux corps et aux sexualités, ainsi qu’à la féminité. Il s’agira aussi d’analyser la manière dont l’ordre du genre oppose des masculinités de domination à des masculinités dissidentes. 

Ouvert à toutes et à tous, résolument pluridisciplinaire (histoire, civilisation, sociologie, anthropologie, littérature, etc.), le séminaire se tiendra sur le Campus Condorcet à partir du 15 octobre 2021. Il sera clôturé par une journée d’études en juin 2022.

Télécharger le programme

Corps masculins et nation : textes, images, représentations. Revue Itinéraires LTC, n° 2019-2 et 3. 2019

Corps masculins et nation : textes, images, représentations. Revue Itinéraires LTC, n° 2019-2 et 3. 2019

Itinéraires. Littérature, textes, cultures, n° 2019-2 et 3

Sous la direction de Sergio Coto-Rivel, Cécile Fourrel de Frettes et Jennifer Houdiard

Itinéraires. LTC

Décembre 2019, en ligne et en accès ouvert : https://journals.openedition.org/itineraires/6246

Depuis une dizaine d’années les études sur le genre et les masculinités gagnent de la place dans le paysage académique français, malgré l’opposition de ceux qui dénoncent une manipulation idéologique de la part des universitaires, dans le but de défaire le genre organisant les modes de fonctionnement sociaux et les rapports de domination. Dans ce contexte de remise en cause des luttes pour l’égalité femmes-hommes et pour les droits des personnes LGBTIQ, ce numéro double d’Itinéraires entend proposer un point de vue critique sur nos sociétés contemporaines pour faire émerger différentes approches de ce que l’on place traditionnellement sous le terme de « masculinité ». Tout en favorisant une démarche interdisciplinaire, qui permet de mettre en regard des productions littéraires et iconographiques de différentes aires géographiques et linguistiques, ce dossier se centre sur un aspect essentiel dans le processus de construction du masculin : le rapport au corps et le lien avec la nation.

Textes de Mélanie Texier, Sophie Bonadè, Sarah Porcheron, Jean-Christophe Corrado, Maria Chiara Gnocchi, Delphine Peiretti-Courtis, Pierre Damamme, Évelyne Coutel, Viria Delgadillo, Robin Hopquin, Jules Sandeau, Brigitte Bastiat, Emmanuel Le Vagueresse, Georges Letissier, Juliette Ledru et Stefano Genetti.

Les derniers numéros

Épistémologies du genre. Croisements des disciplines, intersections des rapports de domination, ENS éditions. 2018

ENS Éditions

Dirigé par Anne-Charlotte Husson, Lucie Jégat, Marion Maudet, Lucy Michel, Vanina Mozziconacci, Laura Tatoueix, Cécile Thomé et Maxime Triquenaux

Description

Que signifie, aujourd’hui, être chercheur.e et travailler avec le concept de genre ? Le genre ne se conçoit pas isolément. C’est ce que montrent les quatorze contributions réunies dans cet ouvrage, à partir de disciplines aussi variées que la géographie, l’histoire, la littérature, la sociologie, les STAPS, la linguistique, la psychologie sociale, les SIC, les sciences de l’éducation ou encore la philosophie.
D’une part, penser le genre engage des croisements entre les disciplines dont témoignent notamment les épistémologies féministes. D’autre part, cela implique de tenir compte de la multiplicité des rapports de domination, ce que permet en particulier une perspective intersectionnelle.
La pluridisciplinarité des études de genre est peut-être déjà une forme d’interdisciplinarité : le genre serait alors un carrefour aussi bien pour penser les différents rapports de pouvoir que pour formuler des questionnements réflexifs au sein des disciplines – mais également entre elles. En ce sens, l’ouvrage s’adresse aux chercheur.e.s en sciences humaines et sociales mobilisant le genre, mais pas uniquement : il intéressera également toutes celles et ceux qui travaillent à dévoiler les rapports de domination.

Sommaire

Préface – Christine Détrez

Introduction    

Partie 1. Pluralité et croisements des disciplines    

Le genre en Histoire : universalisme versus universalité plurielle
Michelle Zancarini-Fournel

Le genre en littérature : difficultés, fondements et usages d’un concept
Christine Planté    

Contribution à une épistémologie du genre sur le terrain de l’EPS
Sigolène Couchot-Schiex  

Les bibliothèques au prisme du genre.
L’apport critique de la méthodologie du genre appliquée à la classification des savoirs
Florence Salanouve  

Le genre : une épistémologie contributive pour l’analyse du discours
Marie-Anne Paveau

De la neutralité axiologique au réalisme des expériences vécues du standpoint
Une critique féministe de la relation de connaissance
Claude Gautier    

Partie 2. Multiplicité et intersections des rapports de domination 

Saisir l’articulation des rapports de domination : les défis d’une critique féministe de l’espace
Mélusine Dumerchat    

La fabrique du bouc-émissaire en crèche : souffrance et racisme dans le travail de care
François Ndjapou, Pascale Molinier    

Le genre est-il un cache-race ?
Intersections entre genre, classe sociale et « race » dans un projet éducatif sur « l’égalité filles-garçons » en sciences
Clémence Perronnet    

La subversion du genre dans la photographie de Nan Goldin
Mélanie Grué 

Le rôle des enseignant·e·s dans la contestation ou la consolidation d’hétéronormes en milieu scolaire
Gabrielle Richard  

Les « femmes déchues » et les pratiques des associations pour femmes à Liverpool (1890-1910) : Intersectionnalité et micro-histoire
Muriel Gleser-Neveu    

La statistique au service d’une pensée binaire dans l’Angleterre victorienne
Genre, émigration féminine et recensements
Marie Ruiz  

La racialisation de l’ordre des sexes dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres.
Trois cas d’antisémitisme genré
Jennifer Meyer

Conclusion
La recherche en études de genre en contexte polémique  

> Plus de détails (y compris l’introduction en libre accès) sur le site de l’éditeur 

> Version numérique sur OpenEdition

Avis de parution