traduction

Séminaire “Itinéraires de la traduction” (2023-2024) : Séance 3, “Éditer la traduction”

Remedios Varo, Bordando el manto terrestre

Légende de l’image : Remedios Varo, Bordando el manto terrestre (Embroidering the Earth’s Mantle), 1961.

Séance en mode hybride (voir le lien TEAMS ci-dessous) :

Campus Condorcet, Salle 2.001, Bâtiment de Recherche Nord, 2e étage / ou à distance

PRÉSENTATION

Le séminaire “Itinéraires de la traduction” s’inscrit dans le cadre des activités de l’axe 4 de Pléiade.

Nous avons le plaisir de vous convier à la troisième séance de l’année 2023-2024 qui sera consacrée à « Publier la traduction ».

PROGRAMME

14h. Accueil et présentation par Aurélie Journo et Cécile Fourrel de Frettes

14h10. Traduction et dialogue texte-image. Table-ronde autour de la collection Illustrangères.

En présence de Thibault Boube, illustrateur et co-fondateur de l’Association Les Trois Têtes et de Nicola Pozza, traducteur du hindi.

La collection Illustrangères, née d’une collaboration entre la revue Café consacrée à la traduction de littérature en langues minorées et l’association d’illustrateurs et d’illustratrices Les Trois Têtes, propose de donner à lire en traduction des textes courts, traduits depuis des langues moins représentées dans le champ éditorial français, dans un objet-livre imprimé en risographie. 

Après une première collection de trois ouvrages autour du thème “Jardins”, parue en 2022, paraît cette année la deuxième édition autour du thème “Nuit”. Thibault Boube (illustrateur) et Nicola Pozza (traducteur) reviendront ensemble sur la manière dont la collection entend faire dialoguer textes en traduction et illustrations, le processus de création et d’édition de cet objet, mais aussi les tensions et les interrogations qu’elle soulève. Nicola Pozza nous proposera une courte lecture bilingue, extrait de “Minuit” de Kunwar Narain.

15h00. Carole Fillière (Université Toulouse-Jean Jaurès, LLA Creatis): “Traduire et créer : quelques réflexions sur la créativité traductive à partir de la traduction du roman graphique Federico de Ilu Ros (2023)”

Dans cette communication, j’évoquerai ma traduction en français du roman graphique Federico d’Ilu Ros (Lumen, 2022 / Robert Laffont, 2023). Cette biographie de Federico García Lorca est une interprétation intersémiotique de la vie et de l’œuvre de cet auteur du patrimoine littéraire universel par l’illustratrice et écrivaine espagnole : Ilu Ros sélectionne des poèmes, des fragments de textes de Lorca, mais également des articles de presse, des discours radiophoniques, et des témoignages écrits et oraux, afin de dessiner et de configurer un ouvrage graphique ancré dans la polyphonie, qui dépasse le cadre de l’individu – l’homme et l’artiste – et offre un panorama évocateur de l’Espagne qui a été celle de Lorca.

Traduire Federico impliquait par conséquent un positionnement et une agentivité similaires – inhérentes de fait à l’acte traductif, mais renforcés et visibilisé dans ce cas précis –, qui se fondent sur un processus de créativité intermédial et interdiscursif, et qui entre en écho avec ma pratique continue de retraduction des textes lorquiens. Les espaces de création et de dialogisation dans l’ouvrage et la traduction seront présentés pour évoquer la créativité traductive dans une perspective qui est celle de la recherche-traduction-création, nourrie par les apports de la paratraduction.

16h00. Mathilde Lévêque (USPN, Pléiade). Présentation de l’ouvrage Les Voix de la traduction (Classiques Garnier, 2023)

Entre histoire et théorie, la traduction pour la jeunesse peut être conçue comme une polyphonie où plusieurs voix résonnent de concert: celles des auteurs et des autrices, des traducteurs et des traductrices mais aussi celles des éditeurs et des éditrices, sans oublier les voix de la critique. A partir d’une étude des romans pour la jeunesse traduits et publiés en France à la fin des années 1960, cette présentation entend proposer une nouvelle approche de la traduction destinée au jeune public en s’appuyant essentiellement sur des archives éditoriales, qui permettent d’entrer dans les coulisses de la traduction et de mieux comprendre la fabrique du roman pour la jeunesse.

17h00. Conclusions et clôture du séminaire

Si vous souhaitez intervenir lors d’une prochaine séance,
n’hésitez pas à nous contacter : cecile.fourrel.de.frettes@gmail.com / aurelie.journo@univ-paris13.fr

Lien de connexion pour suivre le séminaire à distance :

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PROGRAMME 2023-2024

Séance 1 : « Traduction et poésie ». Discutant : Marcin Sarna, Université Pédagogique de Cracovie, Enseignant-chercheur invité de l’UR Pléiade et traducteur. Invité.s : Marie Karas-Delcourt (traductrice littéraire, interprète-médiatrice en services publics et chanteuse polyglotte), « L’utilisation de la variante lunfardo (cocoliche) dans le castillan standard rioplatense : dialectes et sociolectes dans la poésie argentine de Florencia Piedrabuena (exemples de traductions avec des extraits de poèmes du recueil ‘Lenguas de Mendigua’) » ; Andrés Urdaneta (doctorant, Universidad Autónoma de Madrid) : “Réception et traduction du sonnet “Voyelles” de Rimbaud dans l’Espagne du début du XXe siècle”.

Séance 2 : « Traduire la langue maternelle, traduire la langue plurielle ». Invité.s : Ana María Gentile (Université de la Plata, Argentine), « Traduire la prose poétique vers la langue étrangère : défis et réflexions » ; Françoise Palleau-Papin (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade), « Bergers, de W.S. Merwin: un texte hanté » ; et César Ruiz Pisano (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade), « L’écriture à l’épreuve de la polyglossie en Guinée Équatoriale : l’exemple de Barlock (2013) d’Estanislao Medina Huesca ».

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SÉANCES 2022-2023

Séance 1 consacrée aux doctorant.e.s : voir le programme ici.

Séance 2 : « La traduction à l’épreuve de la langue classique ». Invitées : Marie-Églantine Lescasse (Université de Caen Normandie), « L’apport des humanités numériques à l’étude de la traduction : Juan Martín Cordero, traducteur d’Érasme et de Vivès » ; Cécile Dudouyt (Université Sorbonne Paris Nord, UR Pléiade), « Imiter en traduisant : fragments traduits du théâtre grec dans le répertoire théâtral de la première modernité » ; Louis Watier (Université Toulouse II – Jean Jaurès), « Matière orale, forme écrite ? Traduire le nahuatl classique ».

Séance 3 : « Itinéraires de traducteur.rices : expériences individuelles et collectives de la traduction ». Invitées : Sara Manuel Cacioppo (Università degli Studi di Palermo) “La mise en scène du corps féminin dans l’œuvre d’Amélie Nothomb et sa traduction en Italie” ; Hélène Frison (USPN, Pléiade/CREC-UR 2292) et Marie Salgues (Sorbonne Nouvelle, CREC-UR 2292/CRAL-UMR 8566 CNRS-EHESS), “Traduire pour la scène / Traduire pour l’oreille”.

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SÉANCES 2021-2022

Séance 1 : une séance inaugurale, consacrée à la notion d’”itinéraires” dans la circulation des textes traduits, avec les interventions de Camille Bloomfield, Marian Panchón Hidalgo, Aurélie Journo et Cécile Fourrel ; retrouvez le programme ici

Séance 2 : une rencontre autour des liens entre traduction et culture de masse, avec Pedro Mogorrón Huerta, Natalia Soler Cifuentes et Céline Planchou ; retrouvez le programme ici.

Séance 3 : une séance consacrée à la “Traduction collaborative”, au cours de laquelle trois expériences de traduction collaborative furent présentées par Cécile Dudouyt, Agathe Torti et les membres de la revue Café, Aurélie Journo, Agathe Bonin et Marie Karas Delcourt

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Prometeo. En el taller editorial de Vicente Blasco Ibáñez (1890-1928)

Prometeo. En el taller editorial de Vicente Blasco Ibáñez (1890-1928)

Ayuntamiento de Valencia, Publicaciones de la Casa-Museo Blasco Ibáñez,
Coll. « Beca Vicente Blasco Ibáñez »,
Valencia, 2024.

Présentation

Autrice : Cécile Fourrel de Frettes

Édition : Ayuntamiento de Valencia, Publicaciones de la Casa-Museo Blasco Ibáñez, Coll. « Beca Vicente Blasco Ibáñez », Valencia, 2024.

Cet ouvrage, rédigé grâce à une bourse de la Municipalité de Valencia, explore une facette peu étudiée de l’écrivain espagnol Vicente Blasco Ibáñez (1867-1928) : son labeur d’éditeur, auquel il consacra une énergie considérable. À la tête de la maison Prometeo et des entreprises qui l’ont précédée, Blasco sut tisser de fructueuses relations avec des écrivain.es, des éditeurs, des illustrateurs et des traducteur.rices, qui lui permirent de s’insérer dans une série de réseaux nationaux et internationaux. Le livre interroge la modernité d’un promoteur culturel qui fut tout à la fois un homme d’affaires et un intellectuel de rayonnement international. Un catalogue des principales collections illustrées de Prometeo conclut l’ouvrage.

Éléments de revue de presse, avec les liens internet correspondants :

– « La Casa Museo Blasco Ibáñez publica un estudio sobre la faceta de Blasco Ibáñez como editor », El Periòdic, 8 mars 2024, https://www.elperiodic.com/valencia/casa-museo-blasco-ibanez-publica-estudio-sobre-faceta-blasco-ibanez-como-editor_949012

– « Prometeo: cuando Blasco Ibáñez montó su propia editorial », Valencia Plaza, 8 mars 2024, https://valenciaplaza.com/prometeo-cuando-blasco-ibanez-monto-su-propia-editorial

Dernières publications

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Séminaire “Itinéraires de la traduction” (2023-2024) : Séance 2, “Traduire la langue maternelle, traduire la langue plurielle”

Remedios Varo, Bordando el manto terrestre

Légende de l’image : Remedios Varo, Bordando el manto terrestre (Embroidering the Earth’s Mantle), 1961.

Séance en mode hybride (voir le lien TEAMS ci-dessous)

PRÉSENTATION

Le séminaire “Itinéraires de la traduction” s’inscrit dans le cadre des activités de l’axe 4 de Pléiade.

Nous avons le plaisir de vous convier à la deuxième séance de l’année 2023-2024 qui sera consacrée à « Traduire la langue maternelle, traduire la langue plurielle ».

PROGRAMME

Accueil et présentation par Aurélie Journo et Cécile Fourrel de Frettes

14h00. Ana María Gentile (Université de la Plata, Argentine). « Traduire la prose poétique vers la langue étrangère : défis et réflexions »

Libérée des contraintes formelles – notamment de la tyrannie du vers et de la rime – qui caractérisent le poème classique, la prose poétique constitue un genre littéraire dont la traduction présente de nombreux défis et invite à des réflexions toujours intéressantes.

À partir donc de notre expérience de traduction de l’ouvrage Como el dios que gestaba en su muslo, du poète argentin Guillermo Eduardo Pilía, publié chez L’Harmattan sous le titre La jambe de Rimbaud (2021), nous proposons une étude littéraire des poèmes originaux et des réflexions traductologiques sur la version française, langue seconde pour nous.

La prose poétique dont les mots évoquent la vie de Rimbaud nous a poussée d’une part à des recherches littéraires, terminologiques et lexicales dans différents domaines (géographie, histoire, médecine, …) ; l’édition bilingue publiée nous conduit d’autre part à analyser le contrat de lecture proposé pour un parcours en miroir dans lequel le lecteur demeure actif et peut avoir accès au projet de traduction poursuivi.

Des cas d’étude seront ainsi offerts dans le but de susciter le débat et la réflexion autour de la traduction de ce type de genre littéraire, notamment lorsque la traduction n’a pas été faite vers notre langue première, en l’occurrence l’espagnol.

14h45. Françoise Palleau-Papin (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade). « Bergers, de W.S. Merwin: un texte hanté »

Ce texte en prose du poète lauréat (sous le Président Obama), publié aux Éditions Fanlac en novembre 2023, est hanté par le français et l’occitan cachés au cœur de son lexique, mais aussi de sa syntaxe, ce que la traduction en français s’applique à restituer, au risque de la banalisation. On parle habituellement de traduction hantée lorsqu’elle laisse encore entendre la langue de départ. Mais curieusement, c’est la langue de départ qui semble chez Merwin hantée par la langue d’arrivée, l’anglais de l’auteur cherchant avant tout à transmettre à ses lecteurs anglophones sa connaissance du Quercy par des emprunts, des gloses et des calques du français et de l’occitan. Ainsi, il ouvre son usage de l’anglais à des étrangetés intéressantes, et favorise une exploration de l’inconnu de la langue, dont la traduction peut aussi rendre compte.Séminaire Itinéraires de la traduction

15h15. César Ruiz Pisano (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade). « L’écriture à l’épreuve de la polyglossie en Guinée Équatoriale : l’exemple de Barlock (2013) d’Estanislao Medina Huesca »

Barlock: Los hijos del gran búho est un roman polyphonique et citadin. Les protagonistes de cette opera prima d’Estanislao Medina Huesca nous font découvrir la capitale de la Guinée Équatoriale (G. E.), Malabo, ses quartiers, ses habitants et sa vie quotidienne au rythme effréné. Il s’agit d’un portrait complexe de la G. E.  d’aujourd’hui, avec ses attraits et ses dangers. Un pays qui ne peut se soustraire à ses passés : le précolonial, le colonial et le postcolonial.

Territoire de confluences ethniques diverses, la réalité linguistique de ce petit pays situé au centre-ouest de l’Afrique attire notre attention en raison de sa grande richesse. L’atlas linguistique de la G. E. sert à l’écrivain de ressort narratif car il fait dialoguer plusieurs langues dans son récit au fil des rencontres et selon les contextes d’usage : le castillan en tant que langue véhiculaire, tout comme le pidgin (de lexie anglaise), le bubi (de l’île de Bioko où se situe la capitale), le fang (des terres continentales), le fá d’Ambô (pidgin de lexie portugaise), le ndowe et quelques émergences du français. 

Cette œuvre fera l’objet de notre analyse en tant que source de questionnements métalinguistiques et épilinguistiques autour de la traduction / l’auto-traduction afin de comprendre sa dynamique narrative.

Si vous souhaitez intervenir lors d’une prochaine séance,
n’hésitez pas à nous contacter : cecile.fourrel.de.frettes@gmail.com / aurelie.journo@univ-paris13.fr

Pour vous connecter, merci de suivre le lien Teams suivant :

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PROGRAMME 2023-2024

Séance 1 : « Traduction et poésie ». Discutant : Marcin Sarna, Université Pédagogique de Cracovie, Enseignant-chercheur invité de l’UR Pléiade et traducteur. Invité.s : Marie Karas-Delcourt (traductrice littéraire, interprète-médiatrice en services publics et chanteuse polyglotte), « L’utilisation de la variante lunfardo (cocoliche) dans le castillan standard rioplatense : dialectes et sociolectes dans la poésie argentine de Florencia Piedrabuena (exemples de traductions avec des extraits de poèmes du recueil ‘Lenguas de Mendigua’) » ; Andrés Urdaneta (doctorant, Universidad Autónoma de Madrid) : “Réception et traduction du sonnet “Voyelles” de Rimbaud dans l’Espagne du début du XXe siècle”.

SÉANCES 2022-2023

Séance 1 consacrée aux doctorant.e.s : voir le programme ici.

Séance 2 : « La traduction à l’épreuve de la langue classique ». Invitées : Marie-Églantine Lescasse (Université de Caen Normandie), « L’apport des humanités numériques à l’étude de la traduction : Juan Martín Cordero, traducteur d’Érasme et de Vivès » ; Cécile Dudouyt (Université Sorbonne Paris Nord, UR Pléiade), « Imiter en traduisant : fragments traduits du théâtre grec dans le répertoire théâtral de la première modernité » ; Louis Watier (Université Toulouse II – Jean Jaurès), « Matière orale, forme écrite ? Traduire le nahuatl classique ».

Séance 3 : « Itinéraires de traducteur.rices : expériences individuelles et collectives de la traduction ». Invitées : Sara Manuel Cacioppo (Università degli Studi di Palermo) “La mise en scène du corps féminin dans l’œuvre d’Amélie Nothomb et sa traduction en Italie” ; Hélène Frison (USPN, Pléiade/CREC-UR 2292) et Marie Salgues (Sorbonne Nouvelle, CREC-UR 2292/CRAL-UMR 8566 CNRS-EHESS), “Traduire pour la scène / Traduire pour l’oreille”.

SÉANCES 2021-2022

Séance 1 : une séance inaugurale, consacrée à la notion d’”itinéraires” dans la circulation des textes traduits, avec les interventions de Camille Bloomfield, Marian Panchón Hidalgo, Aurélie Journo et Cécile Fourrel ; retrouvez le programme ici

Séance 2 : une rencontre autour des liens entre traduction et culture de masse, avec Pedro Mogorrón Huerta, Natalia Soler Cifuentes et Céline Planchou ; retrouvez le programme ici.

Séance 3 : une séance consacrée à la “Traduction collaborative”, au cours de laquelle trois expériences de traduction collaborative furent présentées par Cécile Dudouyt, Agathe Torti et les membres de la revue Café, Aurélie Journo, Agathe Bonin et Marie Karas Delcourt

Séminaire “Itinéraires de la traduction” (2023-2024) : Séance 2, “Traduire la langue maternelle, traduire la langue plurielle” Lire la suite »

Séminaire “Itinéraires de la traduction” (2022-2023) : Séance 2, “La langue classique à l’épreuve de la traduction”

Itinéraires de la traduction

Séance en mode hybride (voir le lien ZOOM ci-dessous)

PRÉSENTATION

Le séminaire “Itinéraires de la traduction” débuté en 2021-2022 se poursuit cette année, dans le cadre des activités de l’axe 4 de Pléiade.

Nous avons le plaisir de vous convier à la deuxième séance de l’année 2022-2023 qui sera consacrée à « la traduction à l’épreuve de la langue classique ».

PROGRAMME

14h. Accueil et présentation par Aurélie Journo et Cécile Fourrel de Frettes

14h15. Marie-Églantine Lescasse (Université de Caen Normandie) : « L’apport des humanités numériques à l’étude de la traduction : Juan Martín Cordero, traducteur d’Érasme et de Vivès »

Discussion

15h. Cécile Dudouyt (Université Sorbonne Paris Nord, UR Pléiade) : « Imiter en traduisant : fragments traduits du théâtre grec dans le répertoire théâtral de la première modernité ».

Discussion

15h45. Louis Watier (Université Toulouse II – Jean Jaurès) : « Matière orale, forme écrite ? Traduire le nahuatl classique ».

Discussion

17h. Clôture de la séance.

Séance ouverte à tous et toutes

  • sur place, au Campus Condorcet
  • ou via le lien ZOOM suivant :

Cécile Fourrel de Frettes vous invite à une réunion Zoom planifiée.

https://zoom.us/j/3299355930?pwd=MGhiZy9Fa2RLbVBEU3lyK0k4cTBqdz09

ID de réunion : 329 935 5930

Code secret : xycw7D

Résumés des communications

1. Marie-Églantine Lescasse (Université de Caen Normandie) : « L’apport des humanités numériques à l’étude de la traduction : Juan Martín Cordero, traducteur d’Érasme et de Vivès »

Humaniste, auteur d’un opuscule sur le castillan bien connu des historiens de la langue, Juan Martín Cordero (1531-1584), Valencien installé à Louvain, fut aussi dans les années 1550 le traducteur prolifique d’auteurs classiques, d’humanistes et de contemporains, italiens et français.

Après une étude consacrée aux procédés de traduction de Cordero dans les Quexas y llanto de Pompeyo (1556), qui prennent pour hypotexte le Pompeius fugiens (1519) de Juan Luis Vivès, cette communication vise à élargir cette première approche (2023, à paraître), en incorporant un autre texte au corpus d’étude, et en testant la validité de certaines méthodes issues des humanités numériques à cet effet. Le nouveau texte pris en compte est la Declamación de la muerte por consolación de un amigo, traduction de la Declamatio de morte (1517) d’Érasme.

À partir de la comparaison entre les deux traductions, nous nous poserons les questions suivantes :

Quel est le degré de proximité de Cordero avec les textes qu’il traduit, et quelles transformations opère-t-il le plus couramment ? Son style s’adapte-t-il à l’œuvre traduite, ou au contraire, Cordero possède-t-il des habitus de traduction ancrés, qui se surimposent d’une traduction à l’autre, malgré la diversité des hypotextes ? Peut-on ainsi déceler une « patte stylistique » des traductions de Cordero, et comment la caractériser ? Enfin, du point de vue méthodologique, quel est l’apport des humanités numériques à l’étude de la traduction ?

Cette étude se fera en trois temps : d’abord, nous utiliserons les méthodes de la lexicométrie (mesures statistiques du vocabulaire, spécificités), afin de mesurer la distance intertextuelle entre Cordero et ses hypotextes (Érasme et Vivès). Dans un second temps, nous utiliserons une méthode déjà testée sur Góngora (Lescasse 2019) pour quantifier les écarts stylistiques de Cordero : l’extraction et l’analyse des suites d’étiquettes morpho-syntaxiques. Enfin, une lecture en close reading nous permettra de mettre au jour les techniques favorites de traduction de Cordero, entre subtil réaménagement de l’équilibre phrastique et réélaboration rhétorique du texte d’origine.

2. Cécile Dudouyt (Université Sorbonne Paris Nord, UR Pléiade) : « Imiter en traduisant : fragments traduits du théâtre grec dans le répertoire théâtral de la première modernité ».

Pratiquement toutes les premières traductions françaises de tragédies grecques furent produites avant 1549. Par comparaison, seulement deux tragédies romaines sont traduites à cette période. À partir de 1550, la tendance s’inverse : une seule traduction de tragédie grecque contre une vingtaine de traductions de pièces romaines. Il serait cependant faux de conclure que le théâtre grec n’a pas eu d’influence sur la constitution d’un théâtre français. Même si la production de traductions complètes de pièces s’arrête pratiquement dans la deuxième partie du XVIème siècle, traduire fait partie intégrante des pratiques créatrices du théâtre de la première modernité. Au-delà de l’opposition entre “traduction” et “imitation”, des fragments traduits de Sophocle et d’Aristophane s’invitent en effet sur la scène française.

Pour analyser les différentes facettes de la réception du théâtre grec par le biais de la traduction, je propose, après une brève présentation du corpus et des traducteurs, de les replacer dans le contexte des discours sur la traduction et sa place dans les poétiques de la première modernité. Cela passe notamment par une prise en compte de l’érosion du prestige attaché au concept de traduction (terme qui remplace progressivement celui, plus ancien, de “translation”), dont l’une des étapes principales est l’opposition faite par Joachim du Bellay entre “imitation” et “traduction” dans La Deffence et illustration de la langue françoyse (1549) . En dépit de ce déni de la dimension créatrice de la traduction, certains dramaturges recomposent des fragments traduits pour former un théâtre nouveau, une pratique artistique que j’illustrerai pour la comédie par La Néphélococugie  de Pierre Le Loyer (1578) et pour la tragédie par Antigone ou la piété (1580) et La Troade (1579) de Robert Garnier – ces pièces témoignent d’un impact dramaturgique, linguistique et poétique du théâtre grec dans la recréation d’un répertoire théâtral moderne en langue française.

3. Louis Watier (Université Toulouse II – Jean Jaurès) : « Matière orale, forme écrite ? Traduire le nahuatl classique ».

Le nahuatl est une langue parlée sur les hauts plateaux mexicains et qui fut notamment celle des Aztèques. On distingue, de manière arbitraire, entre deux états de langue : le nahuatl dit classique, de l’ère coloniale et pré-coloniale et le nahuatl contemporain (xxe siècle). Deux manuscrits poétiques, rédigés en nahuatl classique nous sont parvenus, les Cantares mexicanos et les Romances de los señores de nueva España, dont on situe la rédaction aux alentours des années 1580. L’imposition d’une écriture alphabétique, conséquence de la colonisation du Mexique par les Espagnols, a entraîné la disparition d’un système graphique complexe, à la fois pictographique et iconographique. Ce système de communication graphique ne permettant pas la transcription de discours reposait aussi sur la transmission orale du savoir.

De sorte que le statut des textes est ambigu puisqu’ils ont été rédigés dans une écriture alphabétique à la fin du xvie siècle par des indiens christianisés, sous le contrôle de moines franciscains et dominicains. On est ainsi en droit de se demander si un filtre écrit n’a pas été imposé à une matière orale préexistante. Comment rendre justice de cette hybridation en traduction ?

CALENDRIER DES SÉANCES 2022-2023

Séance 1 consacrée aux doctorant.e.s : 5 décembre 2022, voir le programme ici.

Séance 2 : « La traduction à l’épreuve de la langue classique »

Séance 3 : en mai-juin, programme à venir

SÉANCES 2021-2022

Séance 1 : une séance inaugurale, consacrée à la notion d’”itinéraires” dans la circulation des textes traduits, avec les interventions de Camille Bloomfield, Marian Panchón Hidalgo, Aurélie Journo et Cécile Fourrel ; retrouvez le programme ici

Séance 2 : une rencontre autour des liens entre traduction et culture de masse, avec Pedro Mogorrón Huerta, Natalia Soler Cifuentes et Céline Planchou ; retrouvez le programme ici.

Séance 3 : une séance consacrée à la “Traduction collaborative”, au cours de laquelle trois expériences de traduction collaborative furent présentées par Cécile Dudouyt, Agathe Torti et les membres de la revue Café, Aurélie Journo, Agathe Bonin et Marie Karas Delcourt ; retrouvez le programme ici.

Séminaire “Itinéraires de la traduction” (2022-2023) : Séance 2, “La langue classique à l’épreuve de la traduction” Lire la suite »

Séminaire “Itinéraires de la traduction” (2022-2023) : Séance 1, consacrée aux doctorant.e.s

Itinéraires de la traduction

Séance en mode hybride (voir le lien ZOOM ci-dessous)

PRÉSENTATION

Le séminaire “Itinéraires de la traduction” débuté en 2021-2022 se poursuit cette année, dans le cadre des activités de l’axe 4 de Pléiade.

L’an passé, nous avions organisé trois séances :

– une séance inaugurale, consacrée à la notion d'”itinéraires” dans la circulation des textes traduits, avec les interventions de Camille Bloomfield, Marian Panchón Hidalgo, Aurélie Journo et Cécile Fourrel ;

– une seconde rencontre autour des liens entre traduction et culture de masse, avec Pedro Mogorrón Huerta, Natalia Soler Cifuentes et Céline Planchou ;

– et une dernière séance, consacrée à la “Traduction collaborative”, au cours de laquelle trois expériences de traduction collaborative furent présentées par Cécile Dudouyt, Agathe Torti et les membres de la revue Café, Aurélie Journo, Agathe Bonin et Marie Karas Delcourt.

Nous avons le plaisir de vous convier à la première séance de l’année 2022-2023 qui sera consacrée aux travaux de trois doctorantes.

PROGRAMME

14h. Accueil et présentation par Aurélie Journo et Cécile Fourrel de Frettes

14h15. Alicia Latorre Jara (Université d’Alicante et Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade) : “La traduction audiovisuelle à l’épreuve de l’humour : le cas de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? et Campeones“.

Discussion

15h. Natalia Soler Cifuentes (Université d’Alicante et Université Sorbonne Nouvelle) : “La marque comme vecteur culturel : étude contrastive français-espagnol d’unités phraséologiques contenant des noms de marques”.

Discussion

15h45. Yiran Wang (Nantes Université) : “L’influence du sexe du traducteur sur la traduction de textes érotiques : une étude des adaptations de romans érotiques chinois par George Soulié de Morant et Lucie Paul-Margueritte”.

Discussion

17h. Clôture de la séance.

La séance sera également accessible via le lien ZOOM suivant :

Cécile Fourrel de Frettes vous invite à une réunion Zoom planifiée.

Sujet : Zoom meeting invitation – Réunion Zoom de Cécile Fourrel de Frettes
Heure : 5 déc. 2022 02:00 PM Paris

Participer à la réunion Zoom
https://zoom.us/j/93187307781?pwd=ei9mVGpRL3cxNFpvZjVGTEwyWTlBQT09

ID de réunion : 931 8730 7781
Code secret : 330354

Résumés des communications

1. Alicia Latorre Jara (Université d’Alicante et Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade) : “La traduction audiovisuelle à l’épreuve de l’humour : le cas de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? et Campeones“.

Cette étude a pour objet d’analyser les films Qu’est qu’on a fait au Bon Dieu ? (Philippe de Chauveron, 2014, France) et Campeones (Javier Fesser, 2018, Espagne), en privilégiant la phraséologie et la traduction des références culturelles. L’humour sera l’axe autour duquel je structurerai mon propos en étudiant la succession des Unités Phraséologiques (UP) dans ces deux films.

Dans mon analyse, je rendrai compte des techniques de traduction utilisées en Espagne et en France pour la traduction des éléments humoristiques dans les films mentionnés, puisque mes deux langues de travail sont l’espagnol et le français. Je montrerai donc les contraintes auxquelles est confronté le traducteur. Tout cela permettra de donner une plus grande visibilité aux écueils propres à la traduction de références culturelles à connotation humoristique et d’apporter de possibles solutions de traduction. De cette manière, on verra que l’humour représente rarement un allié pour le traducteur. Enfin, je réfléchirai aux UP qui constituent cette étude dans les deux langues (espagnol et français) et je les classerai selon les critères établis par Martínez Sierra (2009) pour les éléments humoristiques.

2. Natalia Soler Cifuentes (Université d’Alicante et Sorbonne Nouvelle) : “La marque comme vecteur culturel : étude contrastive français-espagnol d’unités phraséologiques contenant des noms de marques”.

Dans les médias, dans la rue, dans les transports, sur le net… Les marques sont omniprésentes et envahissent nos vies quotidiennes. À l’aide du marketing et à travers le discours publicitaire, les marques quittent le milieu marchand pour intégrer l’espace social. Elles deviennent de véritables icônes culturelles, un concentré de notre identité individuelle et collective. Elles pénètrent la sphère sociale et culturelle et, à terme, la sphère linguistique, où les noms de marques intègrent la langue courante et deviennent des noms communs à part entière. Lorsqu’une marque, qui est un nom propre, devient un nom commun ou remplace le nom commun préexistant, cette marque devient générique (Kleenex, Playboy, Coton-Tige, Conguitos, Bollycao…). Les locuteurs s’approprient ces néologismes auxquels ils attribuent de nouveaux sens métaphoriques, donnant ainsi lieu à des expressions figées.

Malgré la florissante création discursive liée aux noms de marque, peu de chercheurs se sont intéressés aux unités phraséologiques comportant un nom de marque. La raison est sans doute le manque de données disponibles, puisque ces expressions ne sont majoritairement pas dans les dictionnaires traditionnels (être un Bounty, tener un pelo Pantene). Elles vont se retrouver à l’oral ou sur les réseaux sociaux.

L’objectif de notre étude est d’analyser et de comparer des expressions figées contentant un nom de marque en français et en espagnol, afin d’analyser ces références culturelles dans les deux langues, à la recherche d’équivalents. Cette étude a vocation de s’élargir à d’autres langues, notamment aux autres langues romaines et aux langues germaniques, en vue de bâtir une base de données d’expressions de noms de marques multilingue.

3. Yiran Wang (Nantes Université) : “L’influence du sexe du traducteur sur la traduction de textes érotiques : une étude des adaptations de romans érotiques chinois par George Soulié de Morant et Lucie Paul-Margueritte”.

Dans la première moitié du XXe siècle, les romans érotiques chinois attirent le regard de certains sinophiles français, notamment George Soulié de Morant (1878-1955) et Lucie Paul-Margueritte (1886-1955), qui réalisent de nombreuses adaptations érotiques avec une touche d’exotisme. Contrairement aux traductions des sinologues, leurs adaptations se combinent avec un jugement subjectif et une imagination personnelle. En d’autres termes, ils sacrifient toujours la fidélité au texte source au profit de l’exotisme, et la Chine dans leurs œuvres n’est pas exempte de stéréotypes.

À travers l’analyse de leurs adaptations de romans érotiques chinois, il n’est pas difficile de trouver certains points communs, par exemple, en ce qui concerne les passages érotiques, ils adoptent souvent l’approche de la réécriture pour embellir les expressions obscènes du texte original et remplacent la traduction des sexes par des métaphores poétiques. Pourtant, nous pouvons également constater certaines différences évidentes, notamment celles causées par le sexe du traducteur. Par exemple, Soulié de Morant fait souvent grand cas de l’habillement et de l’apparence des personnages féminins, et sa réécriture de la fin de l’héroïne révèle certaines morales édifiantes d’un point de vue masculin, tandis que les ajouts de Lucie Paul-Margueritte aux activités psychologiques de l’héroïne et aux descriptions de la masturbation féminine reflètent certaines idées féministes.

Cette communication vise à analyser les caractéristiques des adaptations de romans érotiques chinois par deux traducteurs dans une perspective de genre, afin d’explorer si le genre peut, dans une certaine mesure, déterminer l’orientation du traducteur de textes érotiques.

PROCHAINES SÉANCES

Pour ce nouveau cycle, nous souhaitons orienter la réflexion autour de la question suivante : “Traduction, image et son”.
Vos propositions d’interventions pour les deux prochaines séances qui auront lieu au semestre 2 sont les bienvenues. Les dates ne sont pas encore arrêtées. N’hésitez donc pas à nous écrire pour toute question ou suggestion :

– Aurélie Journo : aurelie.journo@univ-paris13.fr

– Cécile Fourrel de Frettes : cecile.fourrel.de.frettes@gmail.com

 

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3ème séance du séminaire “Itinéraires de la traduction” (axe 4) : “Traduction collaborative”

Itinéraires de la traduction

Image : La Grande Tour de Babel, Brueghel l’Ancien, vers 1563.

PROGRAMME

14h. Aurélie Journo et Cécile Fourrel de Frettes : accueil et présentation

14h15. Agathe Torti : “The Lifeblood de Glyn Maxwell, compte-rendu de traduction collaborative”

Discussion

15h. Cécile Dudouyt : “Traduire à plusieurs voix: présentation du ‘podcast traduction’ réalisé avec les étudiants d’anglais de troisième année 2022”.

Discussion

16h. Table ronde animée par Aurélie Journo et Cécile Fourrel de Frettes : “Traduire et éditer collectivement les littératures minorées : présentation de la revue Café

16h45-17h. Conclusions et perspectives pour le séminaire 2022-2023

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Journée d’études (Dé)jouer la contrainte, (dé)lier ses mains. Traduire avec la contrainte en poésie

Organisateurs :  Paolo Bellomo (CERC-Université Sorbonne nouvelle Paris 3 ; EA 1573, Université Paris 8-Vincennes) // Camille Bloomfield (Pléiade-Université Paris 13 ; Thalim-Université de la Sorbonne Nouvelle ; Outranspo) // Irène Gayraud (CRLC-Paris Sorbonne ; Outranspo)

Date : 4 juin 2021

Lieu : IUT de Bobigny – Université Paris 13. 1 rue de Chablis, 93000 Bobigny

La question de la traduction de la contrainte est particulièrement fascinante en ce qu’elle offre une perspective originale pour penser la traduction littéraire en général. L’étude de la traduction des textes contraints rend en effet visibles des stratégies traductives habituellement masquées : faut-il traduire par exemple la forme du texte, son jeu-même, ou plutôt le résultat produit par celui-ci ? Est-ce possible de faire les deux à la fois ? Comment traduire une littérature faite notamment de formes fixes, ou fondée sur des procédés sonores, rythmiques voire visuels qui la situent parfois dans le champ de l’intraduisible ? On pense évidemment au corpus oulipien, des Cent mille milliards de poèmes aux Alphabets de Perec, en passant par Compléments de nom, le poème infini de Michèle Métail ou les poèmes en anagrammes d’Oskar Pastior, mais aussi aux formes antiques ou médiévales (notamment combinatoires) et à leur réappropriation par les poètes contemporains.

En effet, la poésie, en tant qu’elle adopte très souvent une forme spécifique (qui peut porter sur le vers, la strophe, la forme des poèmes ou même celle des recueils), que celle-ci soit fixée par la tradition (le sonnet, l’alexandrin…) ou inventée pour un recueil en particulier (comme dans ∈ de Jacques Roubaud ou l’Ipersonetto d’Andrea Zanzotto), pose à la traduction des questions très proches de celles de la littérature à contrainte. D’une certaine manière, la poésie est déjà littérature à contrainte, de même que la traduction est déjà écriture à contrainte. Comment, dès lors, faire dialoguer les travaux sur la traduction de la poésie avec ceux sur la traduction de la contrainte ? S’agit-il des mêmes questionnements, pour les traducteurs et pour les chercheurs ? Y a-t-il une différence entre traduire une forme poétique fixe et traduire un texte écrit avec une contrainte inédite ?

Dans la réflexion que nous nous proposons d’avoir, la contrainte n’est pas seulement formelle. De même, elle n’affecte pas seulement les textes. Elle peut aussi investir les conditions de production de la traduction : traduction collective, traduction-minute, traduction en collaboration avec l’auteur, auto-traduction… Les formes de la contrainte choisie sont donc multiples, mais la démarche diffère radicalement des traductions faites “sous contrainte”, c’est-à-dire dans des conditions imposées par quelqu’un d’autre que l’auteur·rice.

La traduction de la contrainte permet en outre d’interroger la pratique du traducteur et la pensée de la traduction qui l’habite plus ou moins consciemment. En quoi le traducteur d’une littérature à contrainte reproduit-il et démultiplie-t-il le geste de l’auteur, de l’oeuvre originale ? En effet, plus le texte résiste à la traduction, plus le traducteur doit réinventer ses outils, son éthos, et répondre aux appels de l’intraduisible, en assumant que son œuvre actualise seulement l’une des possibles vies de l’original dans cette langue étrangère. Cela permet-il à ces traductions d’agir à la fois comme lectures critiques et miroirs poétiques et donc d’interpréter autrement les œuvres originales ?

Sur le plan méthodologique et organisationnel, la journée sera ouverte à des formes innovantes et participatives d’intervention ainsi qu’à de la recherche-création ; elle mêlera communications scientifiques, tables rondes faisant dialoguer poètes, traducteurs et chercheurs, et lectures ou performances poétiques. Co-organisée notamment par deux membres de l’Outranspo (Ouvroir de translation potencial), elle inclura un atelier de traduction de poésie à contrainte animé par quelques membres de ce collectif.

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Quelques références bibliographiques

“Translating constrained literature / Traduire la littérature à contrainte”, dossier coordonné par C. Bloomfield et D. Schilling, Modern Language Notes (French Issue), The Johns Hopkins University Press, vol. 131 n°4, septembre 2016, 162 p.

“Traduire la contrainte”, revue Formules n°2, Noesis, 1998, 270 p.

A. Cordingley, C.Frigau Manning (dir.), Collaborative translation : from the Renaissance to the Digital age, London, New York, Bloomsbury Academic, 2017, 260 p.

“Voyage et équipage”, Cahier “Traduire en équipe”, revue Traduire n°233, 2015, URL : https://journals.openedition.org/traduire/720

D. Weissmann, V. Broqua, Sound /Writing : traduire-écrire entre le son et le sens. Homophonic translation – traducson – Oberflächenübersetzung, Editions des archives contemporaines, Coll. «Multilinguisme, traduction, création», 2019.

T. Samoyault, « Vulnérabilité de l’oeuvre en traduction », Genesis, n° 38, 2014, p. 57-68.

*** Propositions d’une demi-page maximum à envoyer avant le 15 novembre 2020 aux trois adresses suivantes : camille.bloomfield@univ-paris13.fr / gayraud.irene@gmail.com / p.bellomo@hotmail.it

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2ème séance du séminaire “Itinéraires de la traduction” (Axe 4) : “Traduction et culture de masse”

Itinéraires de la traduction

Séance en mode hybride, via le lien suivant :

Participer à la réunion Zoom
https://zoom.us/j/3299355930?pwd=MGhiZy9Fa2RLbVBEU3lyK0k4cTBqdz09

Image : La Grande Tour de Babel, Brueghel l’Ancien, vers 1563.

Programme

  • 9h30 : Pedro Mogorrón Huerta (Professeur invité, Université d’Alicante) : “La perte d’information dans la traduction audiovisuelle”. Conférence suivie d’une discussion.
  • 10:45 : Natalia Soler Cifuentes (Université Sorbonne Nouvelle/Université d’Alicante, Lattice UMR8094) : “La traduction des noms de marque : comment se faire un nom à l’étranger”. Communication suivie d’une discussion.
  • 11h30 : Céline Planchou (Université Sorbonne Paris Nord, Pléiade) : “La langue navajo de la Seconde Guerre mondiale à Star Wars”. Communication suivie d’une discussion.
  • 12h15 : Débat et perspectives

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Séance de séminaire : “Itinéraires de la traduction” (Axe 4)

Itinéraires de la traduction

Image : La Grande Tour de Babel, Brueghel l’Ancien, vers 1563.

Programme

  • 14h00 : Accueil et présentation
  • 14h10 : Marian Panchón Hidalgo (chercheuse invitée, Université de Grenade) : “Traduire André Breton pendant le franquisme (1939-1975) ou comment créer du surréalisme de manière (in)consciente” (voir le résumé de la conférence ci-dessous).
  • Discutante : Camille Bloomfield (Pléiade / CERILAC, Université de Paris)
  • 15h30 : Cécile Fourrel de Frettes (Pléiade, USPN) : “La maison d’édition Prometeo et la diffusion de la littérature française dans l’Espagne des années 1910 et 1920”
  • Discussion
  • 16h15 : Aurélie Journo (Pléiade, USPN) : “Comment traduire une littérature “mineure” en français? Réflexions sur la traduction de Siku Njema de Ken Walibora”
  • Discussion et perspectives
Marian Panchón Hidalgo (chercheuse invitée, Université de Grenade) : “Traduire André Breton pendant le franquisme (1939-1975) ou comment créer du surréalisme de manière (in)consciente”. Résumé

Le surréalisme est passé dans les annales de la littérature universelle comme l’un des mouvements artistiques les plus importants du XXe siècle. Néanmoins, pendant la dictature franquiste, les censeurs travaillaient durement afin de contrôler lacommunication sociale et les ouvrages de Breton, l’un des fondateurs du mouvement, étaient complètement interdits lors du premier franquisme (1939-1959) à cause de ses positions politiques. L’ouverture de la société espagnole qui s’amorce dans les années 60 est notable, grâce au tourisme, à l’exode rural ou à l’expérience de l’émigration.

À l’époque, la traduction a joué un rôle fondamental dans l’industrie éditoriale, puisque beaucoup d’auteurs espagnols avaient émigré vers d’autres pays. Cependant, comme l’éditrice Tusquets (2005) l’explique avec justesse, l’un des cauchemars des éditeurs espagnols était souvent les traductions, puisque les traducteurs n’avaient pas les connaissances suffisantes pour traduire des textes aussi complexes.

L’objectif de cette communication est donc d’analyser l’œuvre Manifiestos del surrealismo (1969) et de voir comment certains fragments mal compris par Andrés Bosch, son traducteur, ont pu créer du surréalisme de manière (in)consciente, comme dans les cas de « ciervo volante » (« cerf-volant »), « en la hermosa estrella » (« à la belle étoile ») ou « gusano brillante » (« ver luisant »). De même, il est intéressant de souligner plusieurs jeux de mots qui se perdent dans la version espagnole : le « camée León » devient le « camafeo León » en espagnol, ce qui provoque également une situation surréaliste – au sens propre et au sens figuré –, même si l’allusion au caméléon se perd dans la version espagnole. Il faut aussi prendre en compte l’exemple « froid de lion, froid de canard ou froid de bébé », qui devient « frío de león, frío de ganso o frío de bebé », phrase incohérente pour le lectorat espagnol, qui ne comprendra pas le jeu de mots, à moins qu’il ne comprenne le français et soit conscient de la signification de l’expression familière « froid de canard ».

Nous profiterons également de l’occasion pour analyser les dossiers de censure de cette traduction sous le second franquisme (1959-1975) afin d’en savoir davantage sur le contexte historique de l’époque ainsi que le fonctionnement de l’appareil censorial. Au-delà de leur tâche initiale, les censeurs se livraient dans leurs rapports à de véritables critiques littéraires, qui étaient réservées à une élite intellectuelle et administrative, à laquelle ils appartenaient.

Bibliographie

-­‐ Breton, A. (1962). Manifestes du surréalisme. Paris : Jean-Jacques Pauvert.
-­‐ Breton, A. (1969). Manifiestos del surrealismo. (A. Bosch, Trad.). Madrid : Guadarrama.
-­‐ Tusquets, E. (2005), Confesiones de una editora poco mentirosa. Barcelona : Lumen.

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